Grégory Turpin : du Carmel à l’Olympia

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Depuis plusieurs années, Grégory Turpin sillonne la France pour chanter et témoigner devant des jeunes. Il leur raconte sa conversion, son désir d’absolu, de vie donnée à Dieu, puis ses échecs : la drogue, la dépression et les tentatives de suicide. Un parcours étonnant pour cet artiste chrétienqui touche beaucoup les jeunes souvent confrontés aux mêmes souffrances.

Vous l’avez peut-être déjà vu sur un plateau de télévision racontant sa conversion, ou lors d’un concert avec Natasha Saint-Pier, le chanteur Grégoire ou même en duo avec soeur Christina, l’italienne gagnante de The Voice ?
Jeune artiste interprète, Grégory Turpin a déjà enregistré trois albums, le dernier en décembre 2014, Mes Racines reprenant les plus beaux chants chrétiens d’hier et d’aujourd’hui.
Il vient d’ailleurs de signer un contrat chez Universal et crée par la même occasion avec cette entreprise un nouveau Label de musique chrétienne.
Et, comme une consécration de tout ce travail, il a chanté à l’Olympia pour la première fois le 6 juin 2015 … avec ses musiciens, tous protestants, sauf le batteur, catholique. Car selon Grégory Turpin, les meilleurs musiciens chrétiens, ce sont les protestants !
Il est aussi, depuis peu, co-directeur d’une maison d’édition « Première Partie » qui édite des auteurs protestants et catholiques, et dont la vocation est de rendre la spiritualité chrétienne accessible au grand public.
Le film de Carine Poidatz nous laisse découvrir comment grâce à la musique, Grégory Turpin est devenu un des acteurs de l’oecuménisme aujourd’hui.

De Verbe et de chair de Henri Quantin

9782204102513Le Père De La Morandais vous recommande le livre De Verbe et de chair de Henri Quantin au Cerf Littérature.

4e de couverture : 

« Et le Verbe s’est fait chair » : certitude à transmettre et défi à relever. Transmettre une Parole reçue et rendre charnelle l’œuvre qui s’en fait l’écho fidèle ou déformé. Au tournant du XIXème et du XXème siècle, quelques écrivains ont cru que le Verbe avait encore son mot à dire : Péguy, Huysmans, Max Jacob, Chesterton, Bernanos, Bloy, Claudel… C’est à eux que ce livre veut rendre hommage, non pour leur dresser de froides statues funéraires, mais pour faire résonner leurs voix si souvent prophétiques. De ces bouches grandes ouvertes sortent des chants de louange et des cris de désespoir, des attaques féroces et des murmures d’amour. Qu’ils s’en prennent au christianisme sucré moralisateur ou à l’idolâtrie arrogante de la science, ils témoignent que l’homme ne saurait être sauvé ni par un discours désincarné, ni par une chair inerte. Il est plus que jamais salutaire de se mettre à l’écoute de ses assoiffés d’absolu, dont la moindre ligne vaut bien des sermons et bien des traités de théologie. Ce livre fait partir à la rencontre d’hommes brûlés au feu du Verbe. Heureuse brûlure, qui nous a valu de tels écrivains. H.Q

François de Witt, La preuve par l’âme

Le Père de La Morandais vous recommande le livre de François de Witt,  La preuve par l’âme : Un polytechnicien démontre notre immortalité aux éditions  Guy Trédaniel.

Unknown4e de couverture : Que nous soyons athées ou croyants, peu importe, nous avons tous une âme. Elle vient d’ailleurs, elle est porteuse d’un beau projet, nous ne réalisons pas toujours. Mais nous avons toujours une seconde chance, et une troisième, car nous sommes immortels.

– Une conviction ? Non, une vérité confirmée par une enquête minutieuse de trois ans qui a conduit l’auteur à explorer les frontières de la connaissance-psychanalyse, paranormal, épi génétique, astrophysique, mécanique quantique- comme les intuitions des philosophes et les fulgurances des mystiques.

– Notre âme nous accompagne sans nous mettre la pression, elle s’exprime par le coeur, elle passe dans une autre partie du monde à notre mort physique, elle communique avec nous. Et surtout elle n’a qu’un message universel : transmettre l’amour.

– Notre vie a un sens, notre passage sur Terre a un sens. La preuve par l’âme le prouve !

Philippe Levillain, La papauté foudroyée

La papauté foudroyée : la face cachée d'une renonciation par Levillain
4e de couverture : 

Le 19 avril 2005, Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, doyen du Sacré Collège, était élu par un conclave largement « wojtylien ». Il choisit le nom de Benoît XVI. Son apparition fut accueillie avec un enthousiasme modéré par la foule amassée sur la place Saint-Pierre. Dès le 13 mai, il mettait en œuvre le procès en béatification de Jean-Paul II. Par cet acte de piété soutenu avec force par l’opinion publique, il tenait sous le boisseau toutes les questions épineuses que Jean-Paul II n’avait pas résolues. De la question lefebvriste au drame de la pédophilie, des abus des Légionnaires du Christ aux scandales financiers, le dernier pontife romain témoin et acteur de Vatican II mit plusieurs années à s’imposer. Cette volonté d’unité et de rectitude de l’Église conduisit Benoît XVI à relever des défis qui générèrent l’affaire Vatileaks. Benoît XVI, en renonçant le 11 février 2013, gagna en popularité en tant que figure sacrificielle. Mais il ouvrit une voie périlleuse pour l’institution.

Chrétiens d’Orient : appel à la France et au monde Par Patrick Karam

Le Père de La Morandais vous recommande cette tribune publié dans LE FIGARO : Chrétiens d’Orient : appel à la France et au monde Par Patrick Karam

Messe du Jeudi Saint à Jérusalem

FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour Patrick Karam, président de la Coordination des chrétiens d’Orient en danger (Chredo), l’affrontement n’est ni entre la chrétienté et l’islam ni entre l’Occident et l’Orient mais entre les civilisations millénaires et la barbarie.Ancien délégué interministériel, Patrick Karam est président de la Coordination des chrétiens d’Orient en danger (Chredo).

Le refus de la RATP d’apposer, sur les supports d’une campagne de publicité pour un concert du groupe vocal Les Prêtres, la mention «Au bénéfice des chrétiens d’Orient», au motif qu’une telle mention s’inscrirait «dans le contexte d’un conflit armé à l’étranger» et constituerait une atteinte au «principe de neutralité du service public» doit être condamné avec la plus grande fermeté.

Nous ne pouvons accepter que les chrétiens d’Orient soient considérés comme étant parties à un quelconque conflit armé. Comment peut-on mettre sur le même plan les agresseurs, les criminels, en l’occurrence les groupes armés islamistes, et les victimes civiles, désarmées, d’exactions graves qui peuvent s’apparenter à un crime contre l’humanité ou à un génocide?

Il y a une spécificité de la question chrétienne en Orient. Contrairement aux autres communautés sunnites, chiites ou encore kurdes, les chrétiens n’ont ni territoire sanctuaire où ils pourraient se réfugier, ni armée ou milice pour les protéger, ni parti politique pour défendre leurs droits à l’exception notable du Liban, ni protecteur international pour les financer et les soutenir. Ils sont les plus vulnérables et abandonnés à la mauvaise conscience de l’Occident.

Au moment de la Pâques chrétienne, le message du Christ ressuscité nourrit notre espoir que ces populations présentes depuis deux millénaires sur les terres de naissance du christianisme survivent une fois de plus à l’ignominie et à l’horreur absolue.

C’est pourquoi, la Coordination des chrétiens d’Orient en danger (Chredo), ses organisations affiliées ainsi que les responsables religieux des Églises d’Orient qui nous soutiennent tiennent à s’adresser aux dirigeants de la France et du monde pour leur demander d’assumer leur responsabilité pour éviter la disparition des derniers chrétiens en Orient et un affrontement entre les civilisations. Cette responsabilité passe ainsi par quatre engagements fondamentaux:

1. Nous appelons la France à obtenir du Conseil de sécurité des Nations unies la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide et crimes contre l’humanité, et nous appelons les États à soutenir cette saisine. Terroriser les civils, tuer des innocents, massacrer à grande échelle en raison de la religion ou de l’origine, asservir des êtres humains et réduire en esclavage sexuel des femmes, violer les droits, les biens, les lieux de culte sont des crimes contre l’humanité et doivent être condamnés par la communauté internationale.

Nous appelons aussi la France et les États à soutenir concrètement la plainte de la Chredo pour génocide et crimes contre l’humanité déposée en septembre 2014 devant la CPI et qui fait l’objet d’une instruction.

2. Nous confirmons que les musulmans et les chrétiens en Orient sont frères, qu’ils appartiennent à un même univers et aux mêmes nations. Ils ont vécu ensemble pendant des siècles. Ils doivent pouvoir vivre avec les mêmes droits et jouir des mêmes libertés.

Nous demandons donc aux responsables politiques, aux penseurs, aux journalistes occidentaux de ne pas instrumentaliser ces crimes pour propager des stéréotypes sur l’islam et remettre en question la position des musulmans dans les sociétés occidentales.

3. Nous faisons appel à tous les chrétiens, nos parents, pour leur demander de rester dans leurs pays d’origine, jusqu’à ce que la vague d’extrémisme dont nous souffrons tous prenne fin. Nous lançons également un appel aux pays du monde entier afin qu’ils accordent des visas d’asile seulement en cas d’extrême nécessité, car l’émigration permet aux forces d’oppression d’écraser et de déstabiliser les États et de démembrer les sociétés civiles. Et parce qu’il ne suffit pas d’appeler les chrétiens d’Orient à demeurer sur leur terre, nous plaidons pour la création d’un fonds d’aide spécifique international à la reconstruction destiné à permettre le retour des chrétiens d’Orient et des minorités sur leur terre. Ce fonds devra prendre en charge la reconstruction des maisons, des écoles, des hôpitaux et des églises. Nous demandons instamment au ministre français qui s’engage à soutenir la demande de la Chredo de concrétiser au plus vite sa promesse par la réunion d’une conférence de donateurs pour mettre en place ce fonds.

4. Nous affirmons que l’Orient, musulmans et chrétiens réunis, considère que la lutte contre l’extrémisme, le radicalisme et le terrorisme, quelles que soient leurs origines et quels que soient leurs objectifs, est la responsabilité de tous. Il n’y a pas d’affrontement entre la chrétienté et l’islam, il n’y a pas de conflit entre les civilisations, ce n’est pas la guerre entre l’Occident et l’Orient. Toutes les civilisations millénaires doivent affronter ensemble, solidairement, la barbarie la plus odieuse et la plus inhumaine: c’est la guerre des civilisations contre la barbarie la plus abjecte. Nous rappelons que la barbarie et le terrorisme perpétrés par des groupes qui manipulent l’islam concernent toute la communauté internationale, Occident comme Orient; que plus aucun pays ne pourra dans le futur être à l’abri de telles dérives, soit par l’intrusion de groupes armés sur son sol, soit par des actes terroristes à une échelle jamais atteinte; qu’il est donc urgent de réaffirmer sans ambiguïté la nécessaire solidarité entre les pays concernés. Nous demandons à la communauté internationale de mettre en œuvre tous les moyens pour éradiquer au plus vite cette gangrène qui menace tous les États de la région, convaincus que plus on tarde et plus les risques pour l’Orient et l’Occident s’aggravent.

Histoire de Judas : regard avec les yeux du cœur // Le Figaro

Le Père de La Morandais vous recommande cet article du FIGARO de Marie-Noëlle Tranchant

Dès l'ouverture du film, la scène où Judas porte Jésus, épuisé par ses quarante jours de jeûne, donne le ton du film

Après  Les Chants de Mandrin, Rabah Ameur-Zaïmeche signe une fiction étrange, contemplation magnifique de la présence de Jésus.

La première scène, admirable, du film de Rabah Ameur-Zaïmeche Histoire de Judas réunit Jésus et Judas dans un paysage de désert. Un homme grimpe péniblement une dune sous le vent, jusqu’à une petite cabane misérable: Judas (interprété par le réalisateur) vient chercher Jésus épuisé par ses quarante jours de jeûne. Il porte sur ses épaules, précautionneusement, tendrement, le corps de l’ami, amaigri et encapuchonné, comme un ballot précieux.

Il y a deux plans différents dans le film. Celui de la narration indiqué par le titre: récit fictif dont le héros est le disciple à la sombre réputation. Et celui de la méditation, de la contemplation, apporté par l’image ; et là, c’est la figure de Jésus qui captive.

À la suite des nombreux écrivains qui ont cherché à réhabiliter Judas, ou en tout cas à expliquer son comportement et à comprendre son rôle dans l’économie du salut (de Thomas de Quincey à Borges en passant par Bloy, Boulgakov, Kazantzakis, Claudel…), Rabah Ameur-Zaïmeche a voulu «transformer cette figure de répulsion en figure héroïque».

Et il l’exonère de la trahison de la façon la plus radicale: Judas n’était pas là au moment de la Passion, il était parti en mission du côté de Qûmran, chargé d’éliminer tout témoignage écrit sur la vie de Jésus… Ce qui donne au scénario un petit côté thriller à la Da Vinci Code, curieux sinon très convaincant dramatiquement. Pour le réalisateur, c’est surtout symbolique: «Écrire, c’est figer. Les mots doivent rester vivants. Le Christ n’a pas voulu que ses paroles soient consignées. Elles doivent être aussi libres qu’un vol d’hirondelles. Il ne suffit pas de les lire, il faut en être imprégné jusqu’à la moindre cellule.»

Cette imprégnation fait la beauté profonde du film: Rabah Ameur-Zaïmeche regarde avec les yeux du cœur. Il avait deux ans quand ses parents ont quitté l’Algérie pour Montfermeil, en 1968. Il a grandi entre leur piété musulmane et son attirance pour la foi chrétienne. «Petit, je dessinais Jésus, je découpais des vitraux dans des papiers transparents. C’était une façon de me fondre dans l’ambiance», explique ce réalisateur.

Depuis, il a fait, à travers le sens de la transcendance et celui de l’amour fraternel, du sentiment que la mort nous accompagne et qu’il est urgent de vivre l’instant avec le meilleur de nous-mêmes, un long parcours spirituel. Et, après avoir affirmé son talent dans des films à caractère plus social, il livre ici l’intime de ce «chemin du cœur», où le visage du Christ est central. Ce visage qu’il montre souvent caché dans Histoire de Judas : «On se doit de le peindre avec grâce, mystère et profondeur.» Son art de cinéaste l’inscrit dans la beauté et la sensualité du monde parce que, dit-il, «les éléments, la lumière, le vent, le sable, la texture de la peau ou de la chevelure, cette matière finalement est beaucoup plus insondable que l’invisible». Voir la belle scène de l’onction du parfum par Marie de Magdala, où la douceur de l’abandon dépasse l’érotisme pour aller jusqu’à cette prémonition de l’ensevelissement.

L’imagination artistique de Rabah Ameur-Zaïmeche rejoint ces «compositions» que les auteurs spirituels comme Ignace de Loyola recommandent pour nous rendre présents à la vie terrestre du Christ. «Donner chair à l’esprit demande de la délicatesse et du recul. Je ne me place pas dans le domaine de la foi religieuse, mais sur un terrain beaucoup plus concret, dans des paysages terrestres, au milieu d’un peuple pauvre et qui vit dans des conditions rudes, et dans l’oppression politique. En même temps, tout cela est périssable, c’est pourquoi j’ai filmé la rencontre de Jésus et de Pilate dans les ruines d’un temple romain, à Timgad. Elles rappellent, anachroniquement, un empire lointain et disparu.» Pour Rabah Ameur-Zaïmeche, la conscience d’être simplement «des voyageurs sur la terre» doit nous conduire à ne pas nous perdre en bavardages et en querelles, mais «à nous émerveiller et à respecter tout ce qui est vivant».