Le mimosa et le figuier

Luc XIII, 1-9

Un mimosa d’un côté, un figuier de l’autre.

mimosas-300x200.jpgCe mimosa du Livre de l’Exode qui devient incandescent sous le regard de Moïse, est le mimosa dit « seyal » ou d’Egypte, qui croît partout dans la péninsule du Mont Sinaï. Ses feuilles, qui sont mangées par les dromadaires, se composent de sept à huit paires de folioles oblongues très fines; ses fleurs, jaunes, à têtes globuleuses, s’épanouissent à l’aisselle des feuilles. Cet arbuste, en forme de buisson, est armé d’aiguillons géminés très aigus. Ses graines, enfermées dans une longue gousse sèche, sont un produit bénéfique puisqu’elles servent à la fabrication de la gomme arabique. Son bois, quoique fort léger, est très dur et résistant – les Septante l’appelaient le « bois incorruptible » – , brunit avec le temps et peut devenir aussi noir que l’ébène. C’est ce matériau qu’utilisera Moïse pour la fabrication de l’arche d’Alliance, y compris pour les portes du Tabernacle dont ce bois est recouvert d’or fin.

Le figuier, lui, est une des arbres qui symbolisent l’abondance.

A côté de cet aspect positif, une fois desséché, il représente l’arbre mauvais, c’est à dire dans la symbolique de l’Eglise primitive, la Synagogue qui, n’ayant pas reconnu le Messie de la Nouvelle Alliance, ne porte plus de fruits ; aussi, bien plus tard, il représentera également telle église particulière dont le schisme ou l’hérésie aura stérilisé les rameaux.

Le figuier symbolise la science religieuse. Dans la Genèse, Adam et Eve, se découvrant nus, cousent des feuilles de figuier pour s’en faire des ceintures, et dans le Livre des Rois, les arbres demandent au figuier de régner sur eux. Il convient de remarquer, dans le texte synoptique de Mathieu que lorsque Jésus s’adresse au figuier directement, c’est la science elle-même qui est interpellée. Enfin, lorsque Jésus dira à Nathanaël: « – Je t’ai vu quand tu étais sous le figuier », c’est un intellectuel qu’il invite. Autrement dit c’est Dieu lui-même qui demande à la science de rendre compte de sa fécondité ou de sa stérilité.

Le mimosa dans le désert symbolisait la fécondité, malgré son apparence qui trompe notre regard d’occidentaux incultes. Sa fameuse gomme arabique servait à la fabrication des encres, des cirages et vernis, au gommage des toiles, au lustrage des tissus, à l’apprêt du feutre et à la composition du sirop de gomme duquel on tirait une boisson roborative et rafraîchissante pour la traversée des déserts brûlants et arides. Le mimosa, signe de fructification et de fécondité ! Symbole nomade.

Le figuier dont le feuillage aux feuilles persistantes offre la fraîcheur contre l’embrasement solaire, mais grand buveur d’eau, et dont les fruits offre une symbolique riche qu’on retrouve notamment dans le Livre des Cantiques, le figuier qui réconcilie la science et le discours amoureux, signe de fructification et de fécondité. Symbole sédentaire des oasis.

« On juge l’arbre à ses fruits », avertit le Livre de l’Apocalypse.

Nous savons par l’histoire de Moïse la destinée de l’acacia, laquelle s’est poursuivie à travers toute l’Histoire de l’Eglise. Nous avons connu des histoires de figuiers stériles dans l’Eglise … Des arbres semblables poussent, à grands frais de lumières artificielles de sunlights, sous nos yeux : pouvons-nous discerner dès maintenant s’il s’agit de figuiers stériles ? En tout cas le jardinier fait son devoir, en s’empressant de bêcher encore et de répandre du fumier … Dans l’Eglise aucune porte ne devrait jamais être fermée. Seule le Jugement de Dieu peut prononcer cette parole redoutable : « Un grand abîme a été mis entre vous et nous ! »(Luc XVI, 19-31)

Le figuier stérile représente tout autre chose que lui-même : il est une sorte de parabole en acte. Dans un passage synoptique chez Marc Jésus dessèche un figuier, ce qui est une façon d’ouvrir les yeux et les oreilles des gens à l’avenir qu’ils risquent de se préparer. Lorsque Jésus s’adresse au figuier, il exprime aux disciples qui sont là de manière imagée qu’un élément important du monde juif, sans doute Le Temple lui-même, n’a pas porté les fruits que Dieu pouvait en attendre, et qu’il demeurera à jamais stérile.

Père Alain De La Morandais

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Trans-figuration

Transfiguration_of_Christ_Icon_Sinai_12th_century.jpgLuc IX,28-36

S’il est vrai que la foi nous suggère toujours une lecture interprétative, la relecture du texte de la Transfiguration, peut nous poser au moins une question : quelle expérience humaine pouvons-nous avoir, nous, – et Lui, en tant qu’Homme – de la transfiguration ? « Transfiguration » : le mot lui-même contient le terme de « figure » et le préfixe « trans » qui signifie « au-delà ». Et le récit biblique semble, chez saint Luc, se concentrer sur cette modification du visage de Jésus : « pendant qu’Il priait, l’aspect de son visage changea … »

Nous avons tous vécu, peu ou prou, un certain nombre d’expériences de notre visage humain, les unes aliénatrices, et les autres libératrices .Le visage doit montrer l’être profond : il doit s’accorder à l’être intérieur. Cela, nous le savons, mais l’expérience nous montre que bien souvent il en va tout autrement et que le visage peut nous trahir : notre visage peut se mettre à parler un tout autre langage que celui de notre être intérieur, et les autres alors connaitront notre vraie personnalité, interpréteront nos intentions de travers ou nous prêteront des attitudes ou des pensées que nous n’avons pas ou qu’au contraire nous voudrions tenir cachées .Dans ces cas-là , c’est comme si notre visage n’était pas encore pleinement le nôtre : comme si nous ne pouvions pas le composer à partir de l’intérieur.

D’autres observations nous montrent que le visage est soumis à la servitude lorsqu’il reçoit du dehors son modelé, son apparence, parce que nous tenons trop au conformisme social, parce que nous acceptons d’être une feuille de nénuphar parmi d’autres, toutes semblables, ne se soutenant que dans la mutuelle dérive au fil de l’eau, sans enracinement profond. C’est la servitude par conformisme !Ou bien encore, nous sommes toujours soumis à la servitude du visage lorsque celui-ci n’exprime qu’une toute petite partie de nous-mêmes et n’arrive pas, dans les grandes occasions, à faire passer à l’extérieur le meilleur de nous mêmes. Servitude par impuissance . Enfin, il y a la multiplicité des masques dont nous nous servons tour à tour et à tel point que le masque finit par nous prendre au piège, et qu’à la longue le masque peut tuer le visage : ce qui était protection devient cercueil (« Je pleurais mais le masque ne laissait pas échapper les larmes… »)

En revanche, il est d’autres expériences beaucoup plus encourageantes et qui nous laissent dans la bouche comme un goût d’éternité. Ainsi il vous est peut-être arrivé, une fois ou l’autre, de vivre ceci : en face d’une personne à l’estime de laquelle vous teniez profondément, de quelqu’un qui vous comprenait et qui avait beaucoup de valeur à vos yeux, vous vous êtes senti appelé … Devant cette personne, votre être le plus intérieur et le meilleur sortait de l’ombre, venait au jour et parvenait au bord de vos yeux; vous trouviez l’expression du visage qu’il fallait , sans même y penser ; les mots venaient sur vos lèvres sans avoir à les chercher; vous pouviez dire aisément des choses que vous n’aviez jamais clairement pensées auparavant .Vous n’étiez alors que le meilleur de vous même, tout vous même et comme plus que vous même ! Enfin, vous ne pensiez plus à paraitre, car vous paraissiez ce que vous étiez. Et là, vous avez reconnu que votre être intérieur était plus riche que ce qu’il en paraissait habituellement. Vous étiez vous même mais vous même trans – figuré . Il semble donc que le visage, pour être lui-même ait besoin d’être tenu et inspiré par un Etre intérieur très fort, très consistant, qui puisse être l’exigence de toute exigence, le révélateur de votre souveraineté .Et si cela est accordé par la grâce d’un regard aimant, qui ne juge pas ni ne dénie votre intention, alors nous pouvons connaitre des moments très purs de libération du visage, c’est à dire de trans – figuration .Après des moments comme ceux-là, nous ne sommes plus tout à fait les mêmes, car ce sont ces moments privilégiés, où nous pressentons l’inspiration d’un regard transcendant sur sa créature, qui nous fournissent la véritable évaluation de nous mêmes .Dans toute la profondeur de son humanité, c’est ce qui arrive à Jésus : se dirigeant vers un sommet, Il cherche ce visage bienveillant et puissant qui va Le révéler à Lui-même. C’est sous le regard de son Père que le Fils va apparaitre Lui-même dans son être le plus profond : ce que Jésus est en profondeur vient au jour et commence à filtrer à travers ce corps d’Homme. Comme si l’extraordinaire épanouissement du Fils devant son Père ne pouvait plus continuer d’être voilé dans un corps et des vêtements d’homme !L’intensité de l’expérience est telle que le visage humain de Jésus est transfiguré et qu’Il connait là une parfaite traduction de son être intérieur de Fils. Son vrai visage de Fils de Dieu est enfin libéré !

Père Alain de La Morandais

« Si tu es le Fils de Dieu … »

La-crècheEn Mauritanie, nous en avons entendu parler : un collège Nouakchott porte son nom ! Ami du Père Teilhard de Chardin, lecteur quotidien de l’évangile, ce savant chercheur d’étoiles, aventurier d’un astre perdu, Théodore Monod, a arpenté plus de cinquante fois le désert mauritanien, quinze fois plus grand que notre hexagone .La grande leçon du désert ? « C’est la patience, l’humilité, la soumission au réel. »

Jésus fait ses humanités de jeune adulte dans le désert. A travers trois tentations, il fait l’expérience de la patience, de l’humilité et de la soumission au réel.

Changer d’un seul coup une pierre en pain, qu’est-ce que cela veut dire sinon la tentation de s’affranchir des règles de transformation et des médiations nécessaires que sont le travail de la nature et celui de l’homme ? Du minéral brut au pain qui nourrit le corps de l’homme, que de passages qui ne peuvent être forcés ! La terre est ce composé du minéral décomposé, mêlé au végétal lequel pourra accueillir le grain qui, passant par sa propre mort, sera métamorphosé en germe, en tige, en épi se démultipliant pour être recueilli, broyé, pétri et cuit.

Longue et nécessaire patience des lois naturelles !Patiente transubstantiation qu’accomplit le travail de l’homme !Violer ces étapes, c’est la tentation de l’acte magique, défi aux lois de la création et insulte à la dignité de l’homme qui se développe dans une tâche qui l’honore. Le Fils de Dieu se refuse à défier les lois de son Père. Jésus n’est pas magicien.Assurer son pouvoir terrestre sur tous les royaumes du monde en adorant le Prince de ce monde, c’est la tentation d’une action totale, totalisante même, englobant la politique au religieux pour imposer une « vérité ». « La » vérité ! Mais la puissance spirituelle ne saurait s’imposer par l’asservissement des corps et des esprits : elle se propose. Dans l’humilité. C’est à dire dans le respect infini de la liberté des coeurs. Le Fils de Dieu se refuse à exercer tout pouvoir car il sait que la fin ne justifie pas les moyens. Jésus n’est pas empereur.

Se jeter du sommet du Temple dans les airs, c’est vouloir transgresser les lois ordinaires de la pesanteur. Jésus ne se prend pas pour saint Michel, patron des parachutistes. Pourquoi accomplir un tel prodige ? Pour impressionner les foules ? Merveilleux coup de publicité ? Frapper les imaginations ?Plusieurs fois dans sa vie, Jésus rencontrera cette forme de tentation : on lui demande de faire danser le soleil et les étoiles, ou bien de précipiter le feu du ciel sur une ville pécheresse.

Le Fils de l’Homme, Fils de Dieu, se soumet aux lois du réel, du Créateur, selon lesquelles Dieu ne peut vouloir qu’un cercle soit carré. La tentation d’Icare n’est pas la sienne.Patience, humilité, soumission au réel : telle est la leçon du désert.

Faire l’expérience, libre et positive, du manque, c’est cela qui peut nous être offert par cette montée de quarante jours vers Pâques.

Père Alain de La Morandais 

C o u r a g e

Luc V,1-11

Ils ont passé la nuit à jeter leurs filets sans rien prendre.

Sur la parole, – la simple Parole ! – d’un homme inconnu, ils refont les mêmes gestes, ceux qu’ils avaient fait en vain pendant toute une nuit.

– Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez !

Sur le conseil d’un homme auquel – ils ne savent pas pourquoi ! – ils font confiance, ils ont le courage de recommencer. Après l’échec de toute une nuit, ils remettent ça ! Quel courage !Le courage est la « vertu inaugurale du commencement » (Charles Péguy). Le courage est la patiente continuation du commencement. Tout le monde a peur de commencer. Pour avoir du courage, il y a comme une peur à dépasser. L’absence de peur, qui serait comme l’inconscience, n’est pas le courage. Les gens de foi ne sont ni aveugles, ni intrépides ou impavides.

C’est la peur niée, réprimée et supprimée ; c’est la peur surmontée et non point l’absence de peur qui fait le courage. La peur refoulée fonde seule un courage positif, victorieux. Vous avez – eu peur ? Vous avez encore peur ? Et c’est tant mieux, parce que vous avez dû commencer et recommencer chaque fois depuis le commencement, presque comme si c’était la première fois. La vertu du commencement est la plus haletante mais la plus discontinue … Le courageux ne peut se reposer sur le mouvement soi-disant acquis de son courage, parce que courage n’est pas une rente, un capital. Le courage n’est pas non plus un savoir, mais une décision. Si le courage était un savoir, les disciples n’auraient pas fait confiance à la parole de l’Homme mystérieux du bord du lac, parce que professionnellement il y avait toutes les chances pour qu’ils en sachent plus que lui … Ce n’est pas la confiance dans un savoir qui les a décidé. Notre courage est d’abord dans la décision.

Et quelle part accordons-nous à la raison ? J’entends votre objection et je vous réponds que la raison a raison, bien sûr. Mais le courage n’est pas un syllogisme, un beau raisonnement car le raisonnement nous dit ce qu’il faut faire et s’il faut le faire, mais il ne nous dit pas qu’il faille le faire. Le courage n’est pas une sagesse mais, pour parler le langage de saint Paul, une « folie », une folie qui dépasse une sagesse. La sagesse aurait commandé, à l’évidence, aux disciples de ne pas jeter à nouveau leurs filets sur la parole sans sagesse d’un homme inconnu. Ils n’avaient pas de preuves : tant pis pour la raison ! L’amour n’a pas besoin de preuves, ne se décide pas sur des preuves : il vit de signes. Comme la foi. Sans preuves, mais non sans signes.

Un épisode semblable à celui décrit par Luc est relaté par Jean après la Résurrection, sans doute parce que, à l’image des plus grands mystères, celui de la Résurrection est sans preuves. Des signes, rien que des signes. Celui de la fraction du pain pour les pèlerins d’Emmaüs. Celui d’être appelée par son nom pour Marie auprès du tombeau vide; celui du poids du filet pour Luc et Jean, un filet si lourd, signe des fécondités à venir.

Les routes des fécondités inattendues qui, de feux en feux, à travers la nuit longue et aride, annoncent et redisent la Résurrection. A quoi reconnaît-on encore le Ressuscité, aujourd’hui comme alors ? A ce que le filet, cent fois remonté vide, soudain se met à peser. Puisse notre présence, notre « folie » à nous aussi, notre Prière d’assemblée vous aider au courage de l’endurance, de la patience : celui de la continuation des commencements !

Père Alain de La Morandais

 

L’amour et le miroir

I Cor. XIII, 12

A la fin de l’hymne à l’amour fraternel, dans sa Lettre aux chrétiens de Corinthe, Paul, dans l’élan de son inspiration visionnaire, écrit : « Car, à présent, nous voyons, dans un miroir, en énigme, mais alors, ce sera face à face! »(I Cor. XIII, 12) Appliquée à l’amour conjugal, notamment, cette image est riche d’enseignement, car la première question que l’on peut se poser est celle de savoir ce que veut dire l’apôtre Paul avec son image de miroir. A-t-il inventé cela ou n’est-ce point, dans son esprit, la résurgence d’une image enfouie mais transmise par la grande et longue tradition biblique ?

L’image du miroir ne se retrouve qu’une seule fois avant Paul, au Livre de la Sagesse, où l’on relève cette pensée admirable qui peut donner une clef de l’énigme :

« La Sagesse est un reflet de la lumière éternelle,

un miroir sans tache de l’activité de Dieu,

une image de son amour. » (Sagesse VII, 26)

Selon toute la tradition de l’Ancien Testament, la vraie sagesse vient de Dieu, car c’est Lui qui donne à l’homme « un coeur capable de discerner le bien et le mal »(I R III,9), alors que tous les hommes sont tentés, comme leur premier père, d’usurper ce privilège divin, d’acquérir par leurs propres forces « la connaissance du bien et du mal »(Genèse III,5) Tout le courant prophétique s’est élevé contre l’orgueilleuse prétention humaine de s’ériger en « sagesse » : « Malheur à ceux qui sont sages à leurs propres yeux, avisés selon leur sens propre! »(Isaïe V, 21) La vraie sagesse humaine a une source divine : Dieu peut la communiquer à qui Il veut parce qu’Il est lui-même le Sage par excellence. C’est pourquoi Paul relie l’amour sage à l’humilité, puisqu’au mieux, en nous aimant, – et particulièrement dans l’amour nuptial – nous   reflétons beaucoup plus que nous mêmes : quelque chose de l’Amour divin, qui est la source !

Porte d’accès au grand mystère promis et signe d’appel vers cette énigme à élucider et à manifester, telle peut être la force de ce reflet.

Tout le problème consiste à ce que nous arrivions à réfléchir autre chose que nous mêmes. Dans ce sens, le mythe du miroir de la Sagesse divine est l’antithèse de celui de Narcisse, qui se perd et se noie dans l’auto-contemplation de sa si belle image .Toute aventure amoureuse commence, plus ou moins, par une période bel et bien narcissique – voire auto-collante ! En général, le signal d’alarme, qui peut en faire sortir, est celui du sentiment de malaise devant l’aliénation peu à peu ressentie.

Vient ensuite l’étape du fameux – mais insuffisant – « aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction ». Nouveau piège possible : celui du nouveau mythe avantageux que l’on offre aux autres avec le spectacle d’un amour heureux, altruiste, ouvert. Le piège est double : vis à vis des autres et vis à vis du couple lui-même. Vis à vis des autres, si des failles inévitables viennent brouiller la communication idéale des meilleurs communicants amoureux que nos familles et nos amis ont jamais vue, force reviendra aux merveilleux  « signifiants » du plus grand Amour de ne pas perdre la face et de … feindre la plus harmonieuse communication. Vis à vis du couple, dans son intimité, car s’il est trop absorbé par les énergies les plus généreuses pour accueillir tous les malheurs du monde, il finira par mettre en péril sa propre communion.

Sans être prisonnier du miroir purement intimiste, ni de celui que l’on tend aux autres, comment passer de l’autre côté du miroir ? Les vrais aimants, qui savent recevoir l’amour comme un don de Dieu, reflètent sans le savoir, humblement donc, la source de leur amour humain, qui est Dieu Lui-même dans l’effusion mystérieuse de sa divine Sagesse.

Père Alain De La Morandais