É t o i l e s

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Epiphanie Mt.II, 1-12

Les étoiles brillent dans tout le récit biblique, depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse.

Dès l’origine, Dieu les a fixées au firmament pour régler les nuits (psaume 136, 9). Multitude, Il les a constituées et cependant Il connaît chacune par son nom (psaume 147, 4). Quand Il les appelle, elles répondent : « Nous voici ! »(Baruch, III,35) Aussi fait-Il d’elles ses messagères : ensemble, elles deviennent, aux yeux d’Abraham, l’image de l’innombrable descendance promise (Genèse XV,5) ; privilégiée, l’une d’entre elles révèle aux mages la naissance du Messie (Mt. II,2) ou Premier Avènement.

Joyeuses, leur scintillement éclaire la nuit du Second Avènement. Elles conduiront « le bal des comètes » de la fin des temps. Dans le Livre de l’Apocalypse, aux quatre points cardinaux, les quatre Vivants proclament avec elles la sainteté éminente de « Celui qui est, qui était et qui vient. »(Apoc. IV, 8)

Sans les étoiles, dans sa découverte primordiale du monde, l’homme n’aurait pas appris à se repérer et, par conséquent, à se déplacer. Sa science du ciel s’est imposée à lui plus vite que celle de la terre. Le rapport jour/nuit, qui est essentiel, a dû aussi favoriser la naissance de l’astronomie. Il a toujours fourni la métaphore suprême de la connaissance. Le rapport de la lumière aux ténèbres a été aussitôt assimilé à celui de la connaissance à l’ignorance, du vrai au faux.

Parmi les causes qui expliquent le statut privilégié de l’astronomie, il y a le primat du Ciel et de sa création dans notre culture judéo-chrétienne. La Bible répond à cette question : « Qui a fait le ciel et la terre ? », avant de relater la création des animaux … et celle de l’homme lui-même. Surtout parce que l’environnement babylonien et égyptien avait tendance à idolâtrer les astres, le discours d’Israël remet les choses en place, en ramenant les étoiles à leur statut de créatures. Dans la plus haute antiquité, les astronomes étaient chargés de prédire l’avenir. C’est que le retour régulier des phénomènes célestes avait imposé, par analogie, le postulat d’un certain déterminisme des évènements de la vie humaine : celui-ci, malgré le développement scientifique récent de l’hypothèse d’une évolution du cosmos, a encore la vie dure, comme en témoigne la popularité de l’astrologie.

Un sondage relativement récent avait établi que sur 100 scientifiques non religieux, 46% se fiaient à l’astrologie, mais que sur 100 religieux, même non scientifiques, 2% seulement y croyaient. Une conclusion peut être esquissée : seule la religion répond à des questions que la science laisse sans réponse, telles que celles que pose l’existence du mal : pourquoi la souffrance ? La mort des enfants ? Pourquoi tant de pouvoirs aux mains des dictateurs ? Les scientifiques, qui devraient ne pas croire à l’astrologie, y croient dans une sensible proportion, alors que les religieux qui, ne disposant pas du savoir scientifique, pourraient être tentés de croire à l’astrologie, n’y croient pratiquement jamais.

Il est ainsi tout à fait cohérent que les scientifiques se soient beaucoup intéressé à la fameuse étoile de la Nativité qui guida les Mages vers Bethléem. Des calculs très sérieux ont été effectués, depuis le fameux de Kepler en faveur de la conjonction de trois planètes peu avant la naissance de Jésus, jusqu’aux hypothèses plus récentes de l’apparition d’une super-nova et le passage d’une comète. Evènement astronomique ou évènement symbolique ? Les deux hypothèses ne s’excluent pas nécessairement.

Reste qu’on peut aussi se demander comment les Mages ont-ils compris que cette étoile était celle de la Nativité. Dans la symbolique des Mages chaldéens, Israël était représenté par Saturne. Or la conjonction mettait en jeu Saturne, en même temps que Jupiter et Mars. Jupiter représentait le roi et les Mages se sont peut-être dit : « Le roi des Juifs est né ! »Epiphanie, célébration de la Lumière de Dieu, que la naissance du Christ fait briller non seulement aux yeux des Juifs, mais des étrangers, des hommes de toutes races et cultures ! Epiphanie, manifestation de la Lumière « qui luit dans les ténèbres » : cette Lumière dont l’étoile qui brille doucement au-dessus de l’Enfant est un pâle mais heureux reflet. « En comparaison de la lumière vers laquelle nous marchons, le jour dans lequel nous sommes est encore une nuit » (St Augustin dans une homélie sur l’évangile de saint Jean), mais, nous le savons, cette nuit n’est pas sans étoiles et, quand l’étoile du matin se lèvera, le Christ « mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et fera paraître les intentions des coeurs. »

 

 

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