Et si c’était vrai Noël ?

La-crècheJe pose cette question dans cette Nuit de la Nativité, à celles et à ceux que nous avons la joie secrète d’accueillir une fois – ou deux ? – par an.

Je les admire ces femmes et ces hommes qui ne font pas partie du peuple visible des dimanches ordinaires parce qu’au moins une fois par an ils acceptent le risque de se laisser émouvoir dans leur scepticisme : le sourire de Dieu par les yeux d’un Enfant se pose sur leur regard . Discrètement, humblement. Et la question tressaille à nouveau, une nouvelle fois, une fois encore : «  si c’était vrai ? »

Si c’était vrai que le monde et l’humanité ne soient pas nés par hasard ?

Qu’une Intelligence et une Liberté créatrice , un Coeur créateur aient voulu une humaine créature, participant à la Beauté de l’Intelligence, de la Liberté et de la puissance Amoureuse de Dieu ?

Si c’était vrai que le Dieu transcendant, glorieux, plein de puissance et de magnificence, que chantent les chrétiens le dimanche, soit aussi, en même temps, au-delà des apparences, ce Nouveau Né si pauvre, si dépendant, si vulnérable, si humble, si petit que, selon toutes les lois de la raison et de la vraisemblance, nous n’aurions jamais du en entendre parler ?

Le Fils de Dieu, ce petit bout d’homme ?

Dieu ne nous regarde pas de haut, parce qu’on ne peut regarder de haut quelqu’un à qui l’on dit : « Je t’aime. »

Noël, c’est l’aveu répété de Dieu, d’un Dieu toujours amoureux de l’homme qui, patiemment, à chacune et à chacun d’entre nous murmure sans s’imposer : « Oui, je t’aime … »

On ne peut pas dire « je t’aime » et « je veux être indépendant de toi ». Ceci annule cela. Quand on aime, on accepte de dépendre. Noël, c’est le mystère de la dépendance de Dieu.

Toute forme d’amour humain peut nous dire quelque chose de l’amour divin :

« Si l’amour humain peut conduire à l’amour divin, c’est qu’il en est une manifestation, même s’il n’a guère encore conscience de sa noblesse et s’il ne sait pas qu’il devra être transfiguré. »

C’est pourquoi il nous est permis, cette nuit, d’inviter l’amoureux, ou l’épouse ou l’époux, ou l’ami, à entendre comment bat le meilleur de son coeur : il entendra en écho le battement du coeur de Dieu.

Père Alain De La Morandais 

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