Le vrai Pasteur Jean X, 27-30

A2928L’image du berger, du pasteur, dans cette parabole de saint Jean, puise ses racines profondes et vivantes dans tout l’Ancien Testament, depuis le livre de la Genèse jusqu’aux Psaumes et aux prophètes.

Peuple nomade, ayant vécu si longtemps au sein d’une civilisation pastorale, l’image du pasteur revient couramment et parle clair au coeur et à l’esprit de l’auditoire du Nazaréen.

Sans que le titre de Pasteur soit donné explicitement à Yahwe – il parait toujours réservé à Celui qui doit venir ! – , il n’en est pas moins vrai que les rapports du peuple élu avec son Dieu est sans cesse dépeint sous la figure du bon berger avec son troupeau.

C’est Yahwe qui conduit son peuple, qui le fait paître, qui recueille dans ses bras les agneaux, qui le pousse vers les eaux bouillonnantes et rassemble les brebis dispersées. C’est l’image même de l’autorité et de l’amour plein de bienveillance et de sollicitude.

Le Seigneur confie les brebis de son pâturage à ses serviteurs, mais les rois d’Israël ne reçoivent jamais explicitement le titre de « pasteur », même s’ils en assument les charges.  « Tous ces pasteurs, le vent les enverra paître ! » Yahwe s’irrite par la bouche de son prophète Jérémie contre ces pasteurs d’Israël qui se montrent infidèles à leur mission, ne s’occupant pas du troupeau et laissant les brebis se disperser et se perdre.

Yahwe Dieu va reprendre en mains son troupeau abandonné et la bouche d’Ezekiel annonce qu’il n’y aura qu’un seul pasteur, nouveau David et Messie : :
« Je susciterai un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David … et vous, mes brebis, vous  êtes le troupeau que je fais paître, et moi je suis votre Dieu. » (Ezech. 34,23-31)

Zacharie précisera, lui, le sort du pasteur à venir : il sera transpercé mais sa mort sera salutaire. Ce pasteur s’identifie concrètement au « Serviteur souffrant » d’Isaïe qui, « tel une brebis muette », doit par son sacrifice justifier et sauver les brebis dispersées.

On voit donc mieux comment le Christ, en affirmant « Je suis le bon pasteur », revendique très clairement un titre messianique : il veut dire ainsi qu’Il est le seul Pasteur, le vrai, le seul digne de ce Nom, c’est à dire celui qui était annoncé et attendu, et pas un autre.

La mission du Christ pasteur, accomplissant ainsi la prophétie de Jérémie, est de constituer le peuple de la Nouvelle Alliance, l’Eglise, peuple de Dieu. Cette mission de pasteur, le Christ ressuscité la confie à Pierre et au collège des Douze, à leurs successeurs, les évêques et les prêtres, vos pasteurs. Or cette mission, qui est la nôtre, à nous, vos prêtres, a deux exigences majeures dans la parabole de saint Jean :

« Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Donc, le pasteur doit connaître son peuple et celui-ci doit le connaître. Première exigence. Deuxième : «  Je donne ma vie pour mes brebis ». Le vrai pasteur doit se libérer lui-même et libérer son peuple de ses péchés, du péché : le sauver en donnant sa vie pour lui.

C’est toute la fonction sacrificielle du prêtre, qui est ici mise en exergue, celle du « serviteur souffrant ».Sacrificateur et sacrifié, le prêtre l’est par la célébration du Sacrifice eucharistique. Il l’est aussi par sa responsabilité particulière de prière et de silence offert. Enfin, dans la tradition occidentale catholique, il l’est aussi par la promesse de célibat, gage d’une liberté pastorale peut-être plus grande, et par la libre et mystérieuse vertu – qui ne peut être qu’une grâce ! – de la chasteté.

Père Alain de La Morandais  

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s