Equité et égalité

Jacques II,14-18

 

S’il existait encore un marxiste il résumerait l’extrait de la Lettre de Jacques en titrant : la « praxis ». Reprise du travail – avec ses joies et ses peines ! – , de l’école, des responsabilités parentales, éducatives, associatives etc .. On ne parle plus, on agit. C’est par nos actes que nous montrerons notre foi …et que peut-être nous deviendrons un peu plus crédibles.

     Alors , pour éclairer notre méditation du Jour, retrouvons la petite citation de Luc VI,40 : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître; mais celui qui est formé sera comme son maître. »

D’abord accepter d’être au-dessous du maître, c’est accepter le principe de sujétion : « Je reconnais un maître, un seigneur, et ce faisant, je suis vassal. »

         Accepter de dépendre , en tant que disciple , d’un maître qui m’est supérieur. Si ce mouvement de réciprocité – droits et devoirs du maître et du disciple – se fait dans l’acceptation mutuelle , il peut participer à l’éducation de la liberté. Entendons la liberté comme une vertu qui n’est pas un acquis , génétique , social , moral ou économique , sur lequel on se reposerait , mais comme un développement avec une finalité , un but . Ici , le but est clairement indiqué : si le disciple est bien formé , il est appelé à devenir maître.

« Bien formé », cela signifie quoi ? Que la liberté du maître et du disciple fonctionne de telle manière que le premier élève l’autre progressivement, dans une dépendance qui ne l’aliène en rien, et que l’autre ne rêve pas de prendre la place du premier. C’est le temps de l’apprentissage, tout en nuances d’exigences et de patiences , et durant ce temps là , il n’y a pas d’égalité de relations mais un commencement d’une dynamique d’équité .

       Nous ne naissons pas égaux . Répéter que nous le serions relève du slogan politique qui brille comme une lumière noire des Lumières . Nous naissons dans l’équité (cf; parabole des talents), si nous acceptons librement de reconnaître le Créateur , le maître , le Seigneur . Et le Désir du maître , qui est le Père , c’est que les relations deviennent équitables de telle sorte que le disciple devenant fils adoptif est promis à devenir égal à son maître .

De l’équité vers l’égalité . Passant par la filiation . L’équité est une notion de la justice naturelle dans l’appréciation de ce qui est dû à chacun ; c’est une vertu qui consiste à régler sa conduite sur le sentiment naturel du juste et de l’injuste . Conséquences sociales et économiques : la redistribution. (cf. principe européen de la subsidiarité).

«Dans le monde il n’est rien de beau que l’équité :

Sans elle, la valeur, la force, la bonté,

Et toutes les vertus dont s’éblouit la terre,

 Ne sont que faux brillants et que morceaux de verre. »

  • – Tu seras comme ton maître !
  • – Oui ! Mais quand ?
  • – Belle impatience ! Quand les hommes jugeront les anges.

Père Alain de La Morandais

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s