Luc Ferry: mes propositions pour l’école

Le Père de La Morandais vous recommande la lecture de la tribune de Luc Ferry dans Le Figaro.


Luc Ferry est écrivain et philosophe. Il a été ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement de Jean- Pierre Raffarin. Il est chroniqueur au «Figaro».


Commençons d’abord par repérer les faits sans œillères ni dénégations. Dans certains quartiers, des dizaines d’élèves ont quitté les cours quand les professeurs ont demandé une minute de silence en mémoire des victimes. Dans le même temps, on assista sur les réseaux sociaux à la floraison de milliers de «Je suis Kouachi», Dieudonné encourageant le mouvement avec un «Je suis Charlie Coulibaly», aussi indigne que consternant de bêtise. Il n’en fut pas moins relayé par un nombre impressionnant de jeunes fascinés par la radicalité du mal. Alors que faire?

our mesurer l’ampleur du problème, mettez-vous à la place d’un professeur confronté à ces grands gamins de troisième qui quittent le cours en balançant au passage quolibets et insultes. Concrètement, vous faites quoi? Je le dis posément: en l’état actuel des choses, vous ne disposez d’aucune riposte crédible. Exclure les élèves indisciplinés pendant trois jours? La belle affaire! Ils s’en tapent comme de l’an 40! Infliger une retenue? Ils ne viendront pas. Les exclure définitivement? C’est impossible, on est encore dans le cadre de l’enseignement obligatoire, et de toute façon, c’est peu souhaitable. Alors quoi? Quatre mesures s’imposent que j’avais du reste commencé à mettre en place en 2003, mais qui furent supprimées aussitôt après mon départ.

D’abord, réécrire de fond en comble les calamiteux programmes d’éducation civique du primaire, car c’est chez les petits que tout se joue. À ce niveau, tout est encore possible, les enfants nous écoutent, ils ne sont pas entrés dans l’âge de la révolte, voire de la haine. J’avais déjà inscrit très largement dans les programmes, voici plus de dix ans, l’enseignement du fait religieux, mais il faut parler bien davantage encore des principes éthiques fondamentaux, faire comprendre que mettre sur le même plan un blasphème de papier et un massacre à la kalachnikov est moralement indéfendable. Crime contre l’humanité, racisme, antisémitisme, génocide: songez que ces notions sont absentes des programmes actuels du primaire, alors qu’on y trouve des considérations sans fin sur le budget de l’État, des collectivités territoriales (sic) ou les élections au Sénat, alors qu’on aura mille fois le temps d’en parler plus tard, en quatrième ou en troisième!

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