Dieu, le sexe, l’argent et le pouvoir

redmichela7Un Dieu qui s’est fait Homme, cela a beaucoup dérangé et dérange encore. Qui ? Les juifs, les musulmans, les agnostiques, les athées … et tous ces baptisés qui ne sont pas très sûrs d’être vraiment chrétiens, quand ils sont confrontés au sexe, à l’argent et au pouvoir. Cela fait, au total, beaucoup de monde.

Si fidèle et rebelle, notre Dieu incarné, le Fils du Père, ce Jésus de Nazareth, dans son propre corps d’homme sexué, est naturellement confronté à sa propre libido mais dont les tentations, même si elles ne sont pas relevées dans les textes sacrés, n’en sont pas moins participantes de sa vraie nature d’Homme. En revanche, lorsque ses ennemis veulent le mettre violemment en contradiction avec la Loi qui doit condamner la femme adultère à la lapidation, c’est la compassion et la miséricorde qui s’expriment par sa bouche et non la vengeance. Le sexe pour le sexe ? Non. Le sexe pour faire parler d’amour ? Oui. Sous réserve de tempérance, autrement dit sans addiction car ce plaisir du sexe – un don merveilleux du Créateur ! – a ceci de singulier c’est que, plus qu’aucun autre plaisir, il est « totalisant » et risque toujours de devenir totalitaire. Notre Dieu incarné veut toujours nous aider à sauver notre liberté.

Un beau jour, où les disciples discutant avec le Nazaréen sur le mariage et le divorce, lui objectent : «  – Si telle est la situation de l’homme par rapport à la femme, il n’y a pas intérêt à se marier. », il leur répondit un peu mystérieusement : «  – Ce n’est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l’a révélée .Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux. » (Mt.XIX,12) La chasteté reste un mystère pour beaucoup d’entre vous ? Pour moi aussi .

Notre Dieu incarné, Dieu fait homme dans la peau bien juive d’un peuple qui confondait alors pouvoir religieux et pouvoir politique, non seulement revendiquera, à la méprise générale de toutes les formes de pouvoir, un pouvoir qui n’est pas de ce monde mais établira, de manière quasi révolutionnaire, la si célèbre distinction, qui marquera définitivement l’Histoire de l’Occident et bientôt celle du monde entier et sera le principe fondateur de la laïcité : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »(Mt.XXII, 21) La tentation du pouvoir politique, elle l’a cerné toute sa vie, depuis la tentation au désert, avant de commencer sa vie publique, – tous les royaumes du monde lui sont offerts : « Tout cela, je te le donnerai, si tu tombes à mes pieds et m’adore. »(Mt.IV, 8-10) – jusqu’à l’entrée triomphale à Jérusalem, le jour des Rameaux. Nous savons comment cela termine : un vrai pouvoir politique sans contre-pouvoir ne peut admettre aucune forme de rivalité. Les Eglises, disciples du Christ Roi d’autres mondes, n’ont pas toujours été fidèles à cette distinction des pouvoirs et elles en ont payé le prix, le juste prix, celui de la suspicion et même parfois de la relégation. Aujourd’hui, nous attendons que d’autres formes de pouvoirs religieux établissent enfin la distinction des pouvoirs . Cela passe peut-être d’abord par la découverte de la démocratie où le pouvoir, en principe, n’est pas une fin en soi.

Enfin, un Dieu fait chair d’homme, ce Fils d’Homme aura-t-il été tenté par l’argent ? Tous les témoignages nous montrent un Prophète vivant dans la sobriété, une sorte de « sans domicile fixe » mais ni anar, ni révolutionnaire, puisqu’il va même jusqu’à se plier aux lois juives sur l’impôt. Un épisode relaté par les évangiles peut nous éclairer : celui de Jésus encore mis à l’épreuve par ses ennemis lui posant la question piège de l’impôt dû au Temple (Mt. XVII,24-27) à laquelle il répond en envoyant Pierre à la pêche pour rapporter l’argent nécessaire. Réponse d’obéissance ? Oui, mais à mettre en éclairage avec un autre épisode beaucoup moins conformiste, à sa- voir celui de Jésus chassant les vendeurs et les acheteurs du Temple (Mc. XI, 15), à la grande fureur des autorités religieuses.

En conclusion, je vous laisserai simplement cette image : Jésus ne montait pas à cheval mais sur un âne, dans son entrée messianique à Jérusalem, sous la voûte des palmes agitées par la foule, selon la prophétie de Zacharie. Le cheval était devenu l’expression du pouvoir et des puissants, alors que l’âne était l’animal des pauvres et donc l’image d’un pouvoir sexuel, politique et économique très différent.

Père de La Morandais 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s