Veillez ! Sortir du sommeil

Mc. XIII ,33-37

En commençant notre montée vers la fête de la Nativité, une des manières d’être vigilants, de ne pas sombrer dans le sommeil spirituel de l’hivernage, c’est de réveiller en nous les capacités d’écouter, de parler et de toucher. L’oreille, la langue, l’oeil et les mains participent-ils à faire de nous des veilleurs ? Sommes nous comme les idoles chantées par le psalmiste :

« Elles ont une bouche et ne parlent pas. Elles ont des yeux et ne voient pas. Elles ont des oreilles et n’entendent pas. Elles ont un nez et ne sentent pas. Leurs mains, mais elles ont des mains qui ne touchent point. … »
Ce qu’attend normalement un orateur d’une assemblée, c’est qu’elle l’écoute et comment peut-il jauger l’effet d’écoute sinon en étant très attentif, au moment même où il parle, au retour de son des oreilles censées l’écouter ? Ce retour de son, il le perçoit d’abord par une certaine qualité de silence.

L’orateur sacré est symboliquement dans la situation, toutes proportions gardées, de Dieu qui appelle l’homme, ce qu’Il opère en risquant Sa Parole – le Verbe – pour être entendu. Et Dieu cherche l’écoute de l’homme, en s’adressant à lui par l’Homme, dans un langage d’homme, fait pour être entendu de l’homme. C’est pourquoi l’apôtre Paul écrivait aux Romains: « La foi naît de ce qu’on entend, et ce qu’on entend, c’est l’annonce de la Parole du Christ. »(Rom. X, 18) Pour être entendu, encore faut-il être écouté. Si l’orateur humain, surtout lorsqu’il a pour mission de faire entendre la Parole de Dieu, s’aperçoit qu’il n’est pas écouté, il doit sérieusement d’abord se remettre en question plutôt que d’accuser son auditoire d’être sans oreilles. Mais Dieu, Lui ? L’homme peut-il L’accuser de ne pas savoir se faire entendre? Le prophète Isaïe se posait déjà la question: «  qui a cru en nous entendant parler ? » Et le psaume lui donnait la réponse : « Comme il est beau de voir courir les messagers de la Bonne Nouvelle! Leur cri a retenti par toute la terre, et leur parole, jusqu’au bout du monde. » (Rom. X, 16-18)

Si donc nous admettons, même à titre d’hypothèse, que Dieu essaie depuis longtemps – et vainement ? – de se faire entendre de l’homme, peut-être que celui-ci ne l’écoute pas parce que la Parole divine lui semble lui parler d’autre chose que de lui-même, d’un Être si haut et si lointain qu’Il lui parait beaucoup trop étranger à sa vie humaine, bien humaine. L’homme, confusément, comme pour chercher à s’excuser de ne pas entendre, reprocherait-il à Dieu de ne savoir parler que de Lui-même, Lui, Dieu, invisible et abstrait, inaccessible par sa perfection même ? Quoi de plus humain que ce reproche là, qui tant ressemble à un reproche amoureux ? «  – Tu me parles de Toi … mais j’aimerais tant que tu me parles de moi …? » C’est bel et bien humain, dans ce sens là que l’homme a besoin de se reconnaître dans la parole qui prétend s’adresser à lui : je me reconnais dans l’image que l’autre, en me parlant, me donne de moi-même. Y aurait-il un énorme et séculaire malentendu entre Dieu et l’homme, parce que Dieu ne saurait parler à l’homme que de Lui, Dieu, et que l’homme n’attend de l’Autre qu’une parole sur lui, homme ?

L’histoire même de l’homme qui n’écoute pas Dieu mérite au moins que la question soit posée, mais, pour chercher une réponse, ne faut-il pas se demander si la question est bien posée ?

Par son seul sourd silence, l’homme ferait reproche à Dieu de ne savoir lui parler que de son mystère de Dieu ? Il est vrai que Dieu a commencé par parler de Lui-même: « Je suis … Je suis celui qui suis. »Puis: « Au commencement est le Verbe … »
Lorsqu’entre deux personnes commence un dialogue, par lequel chacun cherche à se révéler à l’autre, à se faire connaître de l’autre, il y a souvent deux cas de figures : celui de la parole première, initiale, où le premier dit à l’autre quelque chose comme : « – Reconnais-toi en moi, parce que je suis comme toi ! »; et celui où le premier qui se risque à se révéler, dit : «  – Je ne suis pas comme toi : ce n’est pas ta propre image qu’il faut chercher en moi ! »

Dans le deuxième cas – non fusionnel – , qui semble trop marquer la distance, est-ce que la différence annoncée est exclusive ? Est-elle une manière de prévenir que l’unité entre ces deux personnes est impossible? Non, car la Parole divine dit à l’homme qu’il est non pas comme Dieu, mais à l’image de Dieu et que le chemin d’unité à faire entre Lui et l’homme n’est pas celui d’une assimilation mais d’une ressemblance. Ce qui signifie que, lorsque Dieu parle de Dieu, Il lui dit : « – Homme, en te parlant de moi, je t’invite à découvrir une part de ton propre mystère… Ecoute moi, ce que j’ai à te dire de Moi te fera reconnaître ce que tu es appelé à devenir : plus unifié, plus vrai, plus amoureux et plus beau ! »

Père Alain de La Morandais

Henry Bauchau,“ Oedipe sur la route”, Actes Sud, Babel

9782868699084Le Père de La Morandais vous recommande le livre de Henry Bauchau “ Oedipe sur la route”  publié en poche chez Actes Sud, Babel.

4e de couverture : 

Œdipe, celui qui — jouet des dieux — a tué son père et épousé sa mère, quitte Thèbes aveugle et accablé par le poids de sa faute. Avec sa fille Antigone, il s’engage dans une longue errance qui le conduira à Colone, lieu de sa « disparition »… et de la clairvoyance.
Car ce livre est un voyage intérieur dans lequel un homme affronte les ténèbres qu’il porte en lui, jusqu’à atteindre la connaissance de soi.
Dans cette quête, Henry Bauchau convoque tour à tour le chant, la danse, le rêve et le délire comme moyens de libération de son héros… Et c’est par la sculpture, au flanc d’une falaise, d’une vague gigantesque, symbole des épreuves déjà franchies ou encore à franchir, que ce délire trouve son expression la plus achevée et la plus visionnaire.
Œdipe sur la route, roman d’aventures, roman initiatique, est avant tout une somptueuse interrogation sur l’individu et son destin.

Johan Baptist Metz et Elie Wiesel : “Espérer envers et contre tout”

Le Père De La Morandais vous recommande le livre de Johan Baptist Metz et Elie Wiesel : “Espérer envers et contre tout” publié chez Salvator.

I-Grande-6485-esperer-envers-et-contre-tout-un-juif-et-un-chretien-dialogue-apres-auschwitz.aspx4e de couverture : 

Johann Baptist Metz Elie Wiesel en dialogue avec Ekkehard Schuster et Reinhold Boschert-Kimmig
Espérer envers et contre tout
Un juif et un chrétien après Auschwitz

Où puiser de l’espoir après Auschwitz ? Comment parler encore de Dieu après les tragédies du xxe siècle ? Qu’advient-il du christianisme – qui prend ses racines dans le judaïsme – après que le peuple juif a été assassiné dans les camps ? Voici quelques-unes des questions abordées successivement par chacun des deux éminents témoins qui dialoguent avec Ekkehard Schuster et Reinhold Boschert-Kimmig.
Si toute vraie théologie doit prendre en compte la souffrance humaine, si la mémoire est essentielle, Elie Wiesel et Johann Baptist Metz partagent l’idée que la Shoah est une fracture dans l’histoire elle-même.

Johann Baptist METZ (né en 1928), disciple de Karl Rahner et professeur émérite de théologie fondamentale à Münster (Rhénanie-Westphalie), est un des plus grands théologiens catholiques de l’après Vatican II et le représentant de la nouvelle théologie politique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Memoria passionis (Cerf, 2009) et La Foi dans l’histoire et la société (Cerf).

Elie WIESEL (né en 1928), auteur américain de langues française, anglaise, hébraïque et yiddish, est un rescapé de la Shoah. Prix Nobel de la paix en 1986, il est l’auteur de très nombreux ouvrages, dont La Nuit(Minuit, 1958) et Cœur ouvert (Flammarion, 2011).  

Les évêques de France veulent prendre leur autonomie

Le Père de La Morandais vous recommande l’article de Jean-Marie Guénois dans le Figaro.

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Le clou de l’assemblée d’automne des évêques, qui s’est conclue dimanche à Lourdes, fut certes le rassemblement de tous les séminaristes de France (nos éditions du 8 novembre) mais aussi une orientation fondamentale que le président de l’épiscopat, Mgr Georges Pontier, et son conseil permanent veulent désormais imprimer à l’Église de France : une certaine émancipation de la conférence épiscopale vis-à-vis de la centralité romaine.

Pour mener à bien cette évolution, Mgr Pontier s’appuie sur les perspectives que le pape François lui-même a décrites dans l’exhortation apostolique « La joie de l’Évangile » et qu’il souhaite pour l’Église catholique.

Voici comment le président des évêques l’a expliqué dans son discours de clôture de l’assemblée plénière dimanche : « Le pape François nous invite souvent à exercer notre devoir de discernement évangélique pour vivre notre ministère au service de nos Églises diocésaines. Ainsi écrivait-il dans « La joie de l’Évangile » : « Il n’est pas opportun que le Pape remplace les épiscopats locaux dans le discernement de toutes les problématiques qui se présentent sur leurs territoires » . En ce sens, je sens la nécessité de progresser dans une « décentralisation » salutaire (n°16). »

Le conseil permanent, révèle Mgr Pontier – c’est l’organe de direction de la conférence des évêques – a déjà travaillé sur cette évolution et a décidé de consacrer une partie de la prochaine assemblée de printemps à cette « décentralisation salutaire » désirée par François. Mgr Pontier a même indiqué dimanche que « notre pastorale familiale » pourrait être le premier dossier concerné par cette nouvelle approche, plus française et moins romaine.

Beaucoup, dans l’Église, attendent cette modification des centres de décisions depuis… cinquante ans ! C’était l’époque du Concile Vatican II. Il avait voulu ce mouvement en créant les conférences épiscopales nationales et en leur donnant une part de pouvoir et de responsabilité pastorale et doctrinale.

D’autres ont vu le risque de fragmentation et de division de l’Église catholique. Ils s’y sont toujours opposés. Ce qui explique que cette réforme n’a jamais été appliquée. Les deux champions de ce combat jusque-là gagné par Rome contre les forces centrifuges s’appellent… Jean-Paul II et le cardinal Joseph Ratzinger. Devenu Benoît XVI, ce dernier poursuivit la même politique. En France, le cardinal Lustiger mena le même combat. Il est suivi aujourd’hui par le cardinal Vingt-Trois.

Le pape François, qui a personnellement souffert du centralisme romain quand il était archevêque de la lointaine Buenos Aires et contre lequel il ne tarissait pas de critiques, inverse donc la vapeur. Il entend appliquer cette réforme avortée du Concile Vatican II. La fille aînée de l’Église se veut la bonne élève de ce nouveau cours des choses, elle lui emboîte le pas.

Sur la forme de cette décentralisation salutaire, on peut toutefois se poser une question : cette idée conciliaire respectable remonte aux années 1960, époque d’un mouvement général de contestation des empires centralisés – sauf pour l’Union soviétique – qui voulait « émanciper » les peuples et leurs cultures. Mais cette idée généreuse est-elle encore adaptée à l’heure de la globalisation et de la communication instantanée ? L’Église catholique n’a-t-elle pas plus à perdre qu’à gagner pour son unité, en décentralisant ?

Sur le fond et sans procès d’intention, il y a de quoi s’inquiéter sur « notre pastorale familiale »revendiquée par Mgr Pontier. Car, sous sa conduite, la conférence des évêques n’a pas brillé dans sa défense de la famille ces deux dernières années. En tant que conférence, elle s’est montrée éteinte, même s’il y a eu de courageuses exceptions épiscopales. Alors que tout enjeu législatif est désormais passé, Mgr Pontier, dans son discours d’introduction de l’assemblée (nos éditions du 5 novembre), a certes constaté les conséquences « néfastes » de ces lois. Mais il est trop tard. Il va donc lui falloir convaincre. Et en particulier sur les axes de « discernement » qui vont guider cette « décentralisation » ecclésiale.

Seniors: Emmanuelli veut l’arrêt des expulsions

Le Père de La Morandais vous recommande cet article du Figaro.fr

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Lefigaro.fr avec AFP

Le président du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées Xavier Emmanuelli a interpellé mardi à Nice les pouvoirs publics sur les expulsions qui touchent les personnes âgées, quelques s…

Le président du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées Xavier Emmanuelli a interpellé mardi à Nice les pouvoirs publics sur les expulsions qui touchent les personnes âgées, quelques semaines après l’expulsion d’une Niçoise de 98 ans de son logement.

M. Emmanuelli a rencontré lors de sa visite Yvette Carletti, 98 ans, et sa fille Linda, 64 ans, expulsées le 28 octobre avec le concours de la force publique.

Le fondateur du Samu social de Paris a également rencontré Adolphe Colrat, préfet des Alpes-Maritimes, qui avait pris l’arrêté autorisant le recours à la force publique « J’ai entendu ses arguments juridiques », a déclaré M. Emmanuelli au cours d’un point-presse. « Mais il y a aussi l’esprit de la loi. Il fallait davantage regarder le cas particulier de cette femme grabataire et sourde, reliée uniquement au monde extérieur par le biais de sa fille, avant de la balancer aux urgences qui sont l’antichambre de l’enfer », a-t-il poursuivi.

M. Emmanuelli demande au gouvernement d’agir sur trois points: promulguer rapidement les décrets d’application de la loi Alur concernant la prévention des expulsions; n’accorder le concours de la force publique qu’après s’être assuré de la mobilisation de tous les dispositifs sociaux existants; indemniser systématiquement les propriétaires afin de suspendre l’expulsion des personnes âgées de plus de 65 ans.

La préfecture assure de son côté avoir pris « la moins mauvaise solution »: « Nous avons expulsé une dame de 64 ans qui n’avait pas payé un euro de loyer depuis deux ans et qui avait fini par mettre en difficulté un petit propriétaire, âgé lui-même de 70 ans, obligé de reprendre une activité pour faire face à ces impayés », a expliqué à l’AFP le sous-préfet des Alpes-Maritimes, Sébastien Humbert.

Mme Carletti et sa fille sont aujourd’hui hébergées à titre gracieux dans une maison de retraite de Villeneuve-Loubet. Un dossier de logement social passera en commission début décembre, devant le bailleur social Côte d’Azur Habitat, pour l’attribution, à Nice, d’un appartement à cette famille.

Moi, Asia Bibi, condamnée à mort, je m’adresse à la France

Le Père de La Morandais vous recommande la lecture de cet appel publié dans LE FIGARO.

A gauche, Ashiq Masih signe du pouce la lettre publiée par <i>Le Figaro</i>. A droite, sa femme Asia Bibi, en novembre 2010.

FIGAROVOX/EXCLUSIF – Le mari de la chrétienne pakistanaise menacée de pendaison pour blasphème raconte l’angoisse de sa femme, et transmet quelques mots de la captive à destination de ceux qui la soutiennent.


Le texte que publie «Le Figaro» a été dicté par le mari d’Asia Bibi, Ashiq Masih, puis traduit par la journaliste Anne-Isabelle Tollet, coauteur, avec Asia Bibi, de son témoignage sur l’affaire: «Blasphème» (Oh! Éditions, 2011, 192 p., 16,90 €). Dans ce texte, l’époux d’Asia Bibi explique le calvaire de sa femme. Il transmet aussi le message de la captive aux Français.


Je reviens de la prison de Multan où ma femme, Asia Bibi a été transférée il y a huit mois. Depuis que ma femme a été condamnée une première fois à la peine de mort, en novembre 2010, pour avoir bu un verre d’eau au puits de notre village, nous vivons dans la peur ; notre famille est menacée. Avec mes cinq enfants, nous vivons cachés au plus près d’elle car elle a besoin de nous pour ne pas se laisser mourir. Il est indispensable que nous lui apportions des médicaments et de la bonne nourriture lorsqu’elle est malade.

Après quatre longues années d’attente dans des conditions très difficiles, nous avons espéré que la Haute Cour de Lahore libère ma femme. Elle n’a pas blasphémé ; jamais elle n’a blasphémé. Depuis que la Haute Cour de Lahore a confirmé, il y a quelques jours, la peine de mort contre ma femme, nous ne comprenons pas pourquoi le Pakistan que nous aimons s’acharne contre nous.

Notre famille a toujours été heureuse ici, nous n’avons jamais rencontré de problème avec qui que ce soit. Nous sommes chrétiens et nous respectons l’Islam. Nos voisins sont musulmans, et nous vivions avec eux dans notre petit village. Mais depuis quelques années la situation a changé à cause de quelques personnes, et nous avons peur. Aujourd’hui beaucoup de nos amis musulmans ne comprennent pas pourquoi la justice pakistanaise impose tant de souffrances à notre famille.

Nous sommes en ce moment mobilisés pour le dernier recours devant la Cour suprême du Pakistan, que nous devons déposer avant le 4 décembre. Mais nous savons surtout que le bon moyen serait d’obtenir la grâce présidentielle. Nous sommes convaincus qu’Asia Bibi ne sera pas pendue seulement si le vénérable président du Pakistan, Mammoon Hussain, accorde son pardon. On ne doit pas mourir pour un verre d’eau.

Grâce à une poignée d’amis ici qui nous protègent au risque de leur vie, moi et nos cinq enfants, nous pouvons survivre, mais en étant très prudents car nous sommes le mari et les enfants d’Asia Bibi et certains aimeraient aussi notre mort.

Grâce à Anne-Isabelle Tollet, qui est devenue notre sœur il y a quatre ans et avec qui nous parlons très souvent, nous avons des nouvelles de tous ceux qui se mobilisent dans le monde. C’est tellement important pour nous. Cela nous permet de tenir. À chaque visite à Asia Bibi, je lui raconte. Certaines fois, cela lui redonne du courage.

J’ai appris, hier, que la maire de Paris venait de proposer de nous accueillir, si ma femme pouvait sortir de prison**. C’est un tel honneur. Je voudrais vous remercier, Madame la maire de Paris. Je voudrais vous dire notre respect et notre immense gratitude. J’espère que nous serons chez vous vivants, et pas morts.

Lorsque j’ai rendu visite hier à Asia Bibi, elle m’a demandé de vous transmettre ce message: «Dans ma petite cellule sans fenêtre, les jours et les nuits se ressemblent, mais si je tiens encore debout c’est grâce à vous tous. Mon coeur se réchauffe lorsqu’Ashiq me montre les photos des personnes que je ne connais pas qui boivent un verre d’eau en pensant à moi.

Et j’apprends que la Ville de Paris veut de nous. Je veux remercier toutes les personnes à Paris et la maire. Vous êtes ma seule chance de ne pas mourir au fond de ce cachot. S’il vous plaît, ne me laissez pas tomber. Je n’ai pas blasphémé.»