Les concubins « pécheurs publics » et la théologie du sacrement

arton307-d54d8Lorsque André Vingt-Trois, qui deviendra archevêque de Paris et deux fois Président de la Conférence épiscopale, écrit en 1979, ce texte très « ouvert » qui propose la révision d’un canon du Droit condamnant les fiancés qui vivent en cohabitation avant le mariage, cela correspond à un souci pastoral et aussi à une préoccupation de purifier le regard sur la Théologie des sacrements.
En effet, il est à craindre que l’acte sacramentel – c’est à dire le signe liturgique posé dans la célébration : l’eau du Baptême, le « oui » des fiancés …- soit plus ou moins consciemment compris comme un acte « magique », autrement dit un acte qui ne considère que l’émergence du signe, sans en saisir la continuité, c’est à dire ce qui a précédé, ce qui est signifié publiquement par la célébration sacramentelle et ce qui va suivre. La grâce divine précède, se manifeste publiquement par l’acte sacramentel et va accompagner. Il y a un « avant », un « pendant » et un « après ». Tout ne commence pas juste au moment de la célébration, comme dans l’acte magique où il n’y a ni « avant » ni « après ».  » – Voyez mesdames et messieurs, le haut de forme que je tiens à la main …je le tourne et le retourne devant vous : il est vide ! Attention, je prononce la « parole » et hop i regardez: voici le lapin ! »
Pour s’en tenir à l’exemple du baptême, de la pénitence et du mariage, l’action de la grâce divine commence bien avant la célébration : dans le désir de célébrer, un jour, l’engagement et dans la préparation. Du temps des persécutions contre les premières communautés chrétiennes , il arrivait souvent que la célébration des baptêmes soit impossible et les responsables de ces communautés persécutées ont enseigné que le « baptême de désir » pouvait, dans ces circonstances, équivaloir au baptême sacramentel liturgique. D’où vient aussi l’usage des prières pénitentielles au début de toute célébration de la Messe : la « confession » de désir peut suppléer, dans des circonstances où le chrétien ne peut pas « aller à confesse », au sacrement de pénitence (ou mieux dit de « réconciliation »). De même dans le mariage : l’action de la grâce divine, qui fait réfléchir bien avant les fiancés sur la fidélité, les valeurs spirituelles communes, le désir d’enfant, l’indissolubilité, est déjà grâce sacramentelle, laquelle ne commence pas avec le « oui » public du sacrement. Cela aussi fait partie de la « gradualité ».
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