Lundi de Pâques : Et Jésus leur dit : « Soyez sans crainte … »

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« Non avete paura ! » « N’ayez pas peur ! » La célèbre exhortation de Jean -Paul II venant d’être élu successeur de Pierre résonne encore à nos oreilles et, dans ces temps troublés par les tempêtes médiatiques, il est bon, au lendemain de Pâques, de nous poser la question : – Aujourd’hui, de quoi avons nous peur ? Qu’est-ce qui nous retient pour devenir de meilleurs témoins ? Sommes nous comme ces femmes « tremblantes et joyeuses » ? La peur et l’espérance, ensemble, nous fouaillent le coeur.

Nous avons trop souvent peur d’annoncer que l’amour passe toujours par le sacrifice. Un mourir pour renaître : est-ce notre message pascal en célébrant un baptême ou l’alliance des Noces ? Toutes les formes d’amour sont appelées à se dépasser, à préférer l’autre à soi-même, non seulement pour se purifier, se hisser à une hauteur qui dépasse nos intérêts propres mais pour devenir signes d’un autre Amour : « quand il atteint un certain degré dans l’absolu, par l’intensité, la pérennité et l’oubli de soi, il est si proche de l’amour de Dieu qu’on dirait alors que la création et les créatures n’ont été conçus qu’en vue de nous faire déboucher sur le prodigieux Amour du créateur. »

Nous n’avons pas à annoncer une religion de facilité. Et si le monde se cabre devant nos exigences pas assez « modernes » tant mieux ! Ne pas se crisper. Sourire. Retrouver la Joie du silence, celle que bous nous offrez dans les haltes des monastères. Où nous retrouvons, grâce à vous, la source de la Joie. Par le silence.

Ce qui est secret s’entoure de silence.

Ce qui est silence suggère le secret.

La gésine su sacré gît dans le secret du silence.

Le silence est une bouche d’ombre scintillante d’où suinte le Verbe. Le « sacré » désigne culturellement l’objet, le lieu ou la personne, enfin tout ce qui peut être touché sans être souillé ou sans souiller. Dans ce sens là, tout vrai silence prend un caractère sacré, à preuve le caractère quasi blasphématoire de la brisure du silence. Et que dire alors du secret qui serait trahi, sinon que l’on a touché au sacré ? La trahison du secret touche à l’impureté, à la profanation même.

Si la Parole divine ne se révèle parfois qu’à demi, et dans l’ombre, c’est pour faire comprendre qu’elle participe au secret du sacré divin et qu’elle ne peut pas se transmettre sans précautions, avec agitation. Mais dans le tremblement de la Joie. Et pourtant vient un jour le temps et le moment pour clamer la Parole au grand jour, ce qui s’est accompli le jour de la Pentecôte et depuis, en alternant historiquement les temps d’enfouissement ou d’ombre et ceux de grand soleil pour la Bonne Nouvelle.  « A temps et à contre-temps. » Le temps de Dieu est le temps de l’ombre du silence et celui du grand air, des souffles et des vents de courage. Il y a le temps secret de l’oraison et de la méditation, et celui de la parole publique.

Chacun de ces « temps » est à sa manière inséparable des annonces du dévoilement de toute chose, de tout ce qui est caché depuis les commencements. Le nom scellé de chacune et de chacun sera révélé et le visage de Dieu ne sera plus interdit au regard des sauvés. Cette Lumière de la fin des temps, qui annonce la création nouvelle, est déjà contenue dans le silence et la Joie.

Père Alain de La Morandais

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