Fait-on passer les catholiques pour des ringards ?

Unknown

Le Père Alain de La Morandais était l’invité de Jean-Marc Morandini sur Europe 1.

 

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Un sondage BVA, révélé par Le Parisien, montre que les catholiques français sont favorables au mariage pour tous et à l’avortement.

Les résultats de ce sondage vont à contre-courant des clichés souvent colportés sur les catholiques qui seraient conservateurs, ringards voire réactionnaires : 90% des catholiques sont en effet favorables au droit à l’IVG, le mariage gay est désormais accepté par la majorité des « pratiquants occasionnels » (51%).

Ce sondage montre aussi que les catholiques souhaitent une plus grande modernité de leur Eglise : 84% des catholiques souhaitent que des femmes puissent devenir prêtre et 83% voudraient qu’on puisse remarier les divorcés dans une église.

Et vous qu’en pensez-vous ?

Partagez-vous les résultats de ce sondage ?

Jugez-vous que les idées reçues sur les catholiques ont la vie dure ?
ou jugez-vous l’Eglise catholique hors du temps ?

Pour en parler

– Père Alain de la MORANDAIS – Prêtre médiatique

– Rokhaya DIALLO – Journaliste et écrivain

Lettre ouverte aux fidèles et aux rebelles de l’Église

Le Père Alain de la Morandais est heureux de vous présenter son nouveau livre Lettre ouverte aux fidèles et aux rebelles de l’Église, aux éditions Le Passeur, à paraître le 10 avril prochain.

« Heureux du vent nouveau qui souffle sur l’Église depuis l’élection du pape François, l’auteur, dans ce livre incisif et remuant, invite les chrétiens à faire preuve d’audace. Cet ouvrage est le fruit de 50 ans d’expérience comme prêtre. »

René Rémond, historien

Le Père de La Morandais vous recommande la lecture de l’ouvrage : René Rémond, historien de Jean-Noël Jeanneney et Jean-François Sirinelli publié aux Presses de Sciences Po.

27246100768100L4e de couverture :

« Spécialiste de l’époque contemporaine, René Rémond (1918-2007) est l’auteur d’une œuvre majeure qui a largement contribué au renouveau de l’histoire politique et religieuse en France. Il a approfondi la réflexion sur la dialectique des faits et des représentations. Il a pris une part éminente dans les débats civiques de son temps.

Cet ouvrage rassemble les témoignages d’historiens qui l’ont côtoyé, qui se sont enrichis de son influence et qui ont collaboré avec lui. À quoi s’ajoutent des analyses d’aspects particuliers de son œuvre.

Cet hommage collectif permet de mieux comprendre l’itinéraire, le parcours intellectuel, le rayonnement multiforme de René Rémond. Il fait pleinement mesurer l’empreinte profonde qu’il a laissée. »

Pardonner ? Aimer son ennemi ?

Mt.V, 38-48

Une des formes les plus importantes de manifester l’amour mutuel et la responsabilité dont nous parlent les textes bibliques de ce dimanche est le pardon.

Il est facile de prêcher le pardon tant qu’on n’est pas touché dans sa chair, de plaider en faveur du pardon mais toute personne qui a goûté l’affreuse amertume d’une simple trahison amoureuse, il est honnête de reconnaître, d’avouer que pardonner excède souvent nos forces ordinaires, tout humaines et rien qu’ humaines.

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Pardonner ? Rien de moins naturel. Rien de plus injuste pour qui s’en tient à la lettre de la Loi.

Ce qui est naturel c’est de se venger, de régler ses comptes, de faire payer l’injure, le déshonneur et le déni de justice; c’est d’apaiser sa souffrance, en se repaissant du prix douloureux que l’offenseur est contraint à verser.

La violence vindicative devient naturellement compulsive. En général, on ne parle de compulsivité – «  – C’est plus fort que moi ! «  qu’à propos de comportements sexuels, de toxicomanie, d’emportements colériques ou de jalousie. Pourtant le désir de vengeance, qui s’oppose si fort au pardon, semble aussi du ressort de la compulsivité, en ce sens qu’il est terriblement puissant et naturel en nous.

Les comportements soumis à la compulsivité nous sont généralement présentés aujourd’hui par les psychologues comme excusant la responsabilité de ceux qui ne pourraient que s’abandonner à des pulsions irrépressibles, et cela de telle manière que  le sens même de la faute et de la responsabilité en vient à être dilué et gommé.

L’excuse et le pardon ne sont pas du même ordre. L’excuse représente l’ordre de la justice et de la raison : elle n’excuse que l’excusable, alors que le pardon invite à pardonner l’inexcusable. Car justement l’inexcusable n’est pas impardonnable !

«  Quand un crime ne peut être ni justifié ni expliqué ni même compris, quand, tout ce qui pouvait être compris ayant été compris, l’atrocité de ce crime et l’évidence accablante de cette responsabilité éclatent à tous les yeux, quand l’atrocité n’a ni circonstances atténuantes ni excuses d’aucune sorte, quand tout espoir de régénération doit être abandonné, alors il n’y a plus rien d’autre à faire que de pardonner; c’est le suprême recours, la grâce ultime; c’est, en dernière instance, la seule et unique chose qui reste à faire. «  (Yankelevitch, in «  Le pardon « , p. 139)

Ici, nous atteignons aux confins de l’irrationnel : le pardon excède nos seules forces humaines; alors il nous faut passer de l’ordre naturel à l’ordre surnaturel. Ce passage n’est pas raisonnable : il n’y a pas plus de  » raisons  » de pardonner que de raisons de croire : si nous pardonnons, c’est que nous n’avons pas de raisons; et si nous avons des raisons c’est l’excuse qui prévaut et non pas le pardon. Les raisons du pardon suppriment la raison d’être du pardon.

Le pardon immérité qu’on accorde au coupable et l’amour injustifié qu’on porte à son ennemi représentent l’ordre paradoxal de l’amour, celui dont nous parle l’Ecriture : «  Le scandale du pardon et la folie de l’amour ont ceci en commun d’avoir pour objet celui qui ne le «  mérite « ‘ pas. « 

 Aussi le pardon ne pardonne pas  » parce que  » : le pardon néglige de se justifier lui-même et de donner ses raisons, car des raisons, il n’en a pas !

Vous n’arrivez pas – nous n’arrivons pas , – à pardonner ? Quoi de plus naturel ? Nous sommes trop raisonnables. Si nous faisons dépendre la possibilité de pardonner de notre seule volonté et de notre seule raison, nous ne parviendrons pas à pardonner.

La possibilité que le pardon advienne en notre coeur ne dépend pas tant de nos implacables résolutions intérieures que d’une véritable dépossession spirituelle, d’un aveu : «  – Seigneur, livré à moi-même, je suis incapable de pardonner ! C’est trop dur …ce n’est pas juste. « 

La grâce du pardon – si elle nous est donnée ! – ne peut que nous surprendre nous-mêmes. Encore faut-il la demander ! En abandonnant toute prétention à avoir raison.

Père Alain de La Morandais

Pédophilie et Vatican : Rendre à l’ONU ce qui appartient à l’ONU

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Le Père de La Morandais vous recommande cet éditorial de Jean Pierre Mignard dans Témoignage Chrétien.

« Dans son premier rapport depuis 14 ans, le Comité des droits de l’enfant, présidé par Mme Kirsten Sandberg, dresse l’inventaire de  la coopération entre l’ONU et le Vatican en matière de lutte contre la pédophilie.

Ce rapport reproche au Saint-Siège de n’avoir pas pris les mesures nécessaires contre les crimes commis et même de les éluder.

Il évoque le chiffre de dizaines de milliers de cas avérés. Il fait état d’un véritable code du silence imposé aux membres du clergé et à l’institution. Il suspecte cette dernière de transférer des prêtres de paroisse en paroisse pour les faire échapper à des mises en cause.

Le comité ne mâche pas ses mots pour indiquer qu’à ses yeux la protection des coupables et la réputation de l’Eglise l’ont emporté sur l’intérêt des enfants.

La Convention internationale des droits de l’enfant de 1989 est l’une des multiples conventions onusiennes signées par 197 États souverains, dont celui du Vatican. Ses travaux font autorité.

L’accusation est grave et la réponse n’est pas à la hauteur de ce que l’on est en droit d’attendre du seul État spirituel membre de l’ONU, en attendant un jour peut-être celui du Tibet.

L’observateur du Saint-Siège a fait valoir que le rapport « avait été influencé par des ONG gays et lesbiennes », ce qui est une dérobade à relent homophobe qui ne résout rien. Agiter le complot gay n’est guère respectueux vis-à-vis d’une convention qui fait référence et d’experts reconnus. C’est dans tous les cas non conforme à l’esprit de coopération avec l’ONU souhaité par Benoît XVI et François.

Il y a un problème et il ne faut pas le cacher. On ne pouvait que s’en douter depuis le rapport accablant de la juge Murphy en 2009 et les faits massifs de pédophilie révélés dans l’Église irlandaise. Malgré les premières mesures prises par Benoît XVI, qui n’a pas nié les faits ni cru devoir stigmatiser les médias, malgré les 400 prêtres défroqués démis de leurs fonctions, malgré la révocation du père Martial Marcel, fondateur des Légionnaires du Christ, pour des faits avérés de pédophilie, l’opacité semble rester la règle.

Le pape Francois a maintes fois qualifié de honteux le fait pédophile dans l’Église, et a affirmé vouloir coopérer avec les autorités judiciaires. Il a annoncé, en décembre, la création d’une commission chargée d’accompagner les victimes, même si celle-ci n’est pas encore constituée.

Alors pourquoi tout ce temps, pourquoi cette opacité, même si la volonté des deux derniers papes ne saurait être mise en accusation ? La longue impunité explique beaucoup. L’opinion selon laquelle l’Église et ses membres n’auraient de comptes à rendre qu’à l’Église et à Dieu est un autre motif. C’est un argument, dangereux, qui tient de l’aubaine pour certains.

Il faut, pour en finir, accepter une fois pour toutes que ni le droit canon, ni les procédures disciplinaires qu’il inspire, ne sauraient se substituer au droit pénal. Seules les victimes ont, en premier, le droit de pardonner. Et la loi des hommes a son temps comme la justice de l’Église le sien.

C’est aujourd’hui le temps de la justice des hommes. Il faut rendre à César ce qui lui appartient, or dans notre affaire César c’est l’ONU. »

Jean Pierre Mignard est  avocat et codirecteur de la rédaction de Témoignage chrétien.

InterFaith Tour au Cambodge

Le Père de La Morandais vous donne des nouvelles du projet InterFaith, au Cambodge.

« Avec le Laos, le Cambodge fait partie de ces pays dont la chaleur humaine procure des émotions inoubliables. Il faut dire que ces deux États voisins ont été longtemps membres du même royaume d’Angkor sous les différents régimes Khmers depuis le IVe siècle.

 La rencontre qui nous a le plus touchés est celle de Davit, notre guide d’une journée dans les ruines d’Angkor. Son histoire est à l’image de ce peuple Cambodgien. 3ème d’une fratrie de six enfants dont les trois filles sont mortes pendant le génocide de 1975/1979, le frère aîné est aveugle de naissance, ils sont donc deux garçons à travailler pour faire vivre leur vieille maman, amputée des deux jambes à cause d’une mine Khmer Rouge, et veuve d’un père lui aussi assassiné pendant “les événements”, c’est-à-dire sous Pol Pot.

Davit a 28 ans et déjà 4 enfants dont la plus grande, Julie, a 7 ans. Pour “qu’elle ne finisse pas comme lui”, elle va à l’école grâce à l’argent qu’il gagne de son TukTuk et de ses visites d’Angkor. Ses trois autres enfants, William, Milin’ et Miout’ sont des nourrissons encore chouchoutés par leur Maman dans une maison à la campagne au bord des rizières à 25km de Siem Reap vers la Thaïlande.

Davit n’a jamais voyagé, ni dans le monde, ni en Asie, ni dans la Péninsule, ni non plus dans son propre pays dont il ne connaît que la région d’Angkor où il est né et où il vit actuellement. Se rendre à Phnom-Penh, la capitale, lui coûterait trois mois de salaire. Écrasé sous le poids de l’Histoire récente de son pays (guerre d’indépendance contre la France 1946-1954, occupation américaine pendant la guerre du Viêt-Nam 1954-1975, crimes Khmers Rouge 1975-1979), qui place son pays dans le quart le plus pauvre du monde, Davit nous a extraordinairement marqué par sa gentillesse, sa disponibilité et sa joie de vivre…  Quant à l’interreligieux ? Si on lui demande “Toi tu es bouddhiste, tu connais des chrétiens ou des musulmans ?” “Non je connais seulement des christians” “Ah oui ceux qui vont à l’église ?” “Oui c’est ça, on parle de ça parfois”.

Nous sommes allés voir à Phnom-Penh, la capitale, ce qu’il en était des relations interreligieuses dans un endroit plus cosmopolite et diversifié que des ruines historiques. Dès notre arrivée nous avons fait la connaissance d’un moine bonze qui a pris l’initiative de nous accueillir chez lui, jusqu’à nous faire dormir dans son propre lit qu’il a préféré nous laisser en dormant par terre. Grâce à lui nous avons pu vivre notre deuxième immersion totale – jours et nuits – dans un temple. La précédente étant le Shrine Shinto de Nagoya. La surprise que cela a suscité auprès de ses frères moines restera une véritable perle dont le loufoque n’a d’égal que l’improbable.

Le dimanche était jour de fête cette semaine. Des fidèles de toute la ville se réunissaient pour déjeuner et passer une après-midi avec les moines en formation. Ils sont 420 entre 20 et 30 ans à suivre une formation dans ce grand centre éducatif bouddhiste. C’est au cours de cette même journée qu’une poignée de militants de l’ONG United Religions Initiative nous ont fait visiter leur ville en scooter avant de nous présenter l’un après l’autre les tenants et aboutissants de leurs différents « Cooperation Circles ». Si les uns mènent des projets de développement, les autres ciblent la sensibilisation auprès des plus jeunes, et certains encore privilégient l’action sociale interreligieuse au service de la paix sociale. Quand un pays a autant souffert, tous les moyens sont bons pour lui assurer de beaux jours devant lui … « 

Exposition Visages Picasso, Magritte, Warhol …

Le Père de La Morandais vous recommande l’exposition Visages, Picasso, Magritte, Warhol … du 21 février au 22 juin 2014 au Centre de la Vieille Charité, 2 rue de la Charité à Marseille. 

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Présentation :

Cette exposition est organisée par la Ville de Marseille /Centre de la Vieille Charité, Marseille et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

Quatre-vingts artistes, un ensemble de cent cinquante œuvres, peintures, sculptures, photographies et extraits de films sont réunis dans cette exposition qui a pour thème transversal la représentation de la figure humaine dans l’art moderne et contemporain.

Sujet éternel de la peinture, la représentation de la figure humaine a considérablement évolué depuis la Renaissance et emprunte des chemins nouveaux au début du XXe siècle. Elle se libère des codes picturaux des siècles précédents et dépasse les lois de l’apparence pour privilégier l’expression de la subjectivité et tenter de saisir et rendre compte du fonctionnement de la pensée humaine lié aux mutations contemporaines.

Avec les transformations de la société dues à la seconde révolution industrielle et au progrès de la technoscience, avec l’épanouissement de l’individualisme et l’atrocité des guerres et des génocides, le sujet apparaît souvent en décalage avec son environnement et par là-même, empreint d’une certaine étrangeté. Ces métamorphoses ne sont pas sans conséquences sur la représentation picturale de l’individu et de nouvelles questions se posent qui font émerger une nouvelle position de l’homme, étranger au monde qui l’entoure, tout autant qu’à lui-même.

Comment s’exprime son étrangeté ?
Comment s’articule son rapport à l’altérité, tout autant que la relation à sa propre image et dans le regard de l’autre ?

Nombre d’artistes, de Picasso à Warhol, ont exploré ces questions plus actuelles que jamais. Ils s’attachent à exprimer l’inquiétude, l’interrogation (Bacon, Artaud), le déplacement, la présence dans l’absence, le sujet face à un impossible, au bord de l’effacement (Giacometti) mais aussi, le rêve, le fantasme, la force du désir (Magritte, Ernst), les mystères de l’inconscient, la traversée du miroir.

Scènes urbaines, scènes de café, de cinéma, d’intérieur, portraits et autoportraits, figures fondues dans un paysage, visages dans la foule, révèlent un décalage, font énigme. Les figures torturées de Bacon, les traversées du miroir de Magritte, l’inexorable marche vers leur destin des personnages de Giacometti, les visages immobiles de Streuli, les portraits inexpressifs et absents de Katz, sont autant de réponses artistiques possibles aux interrogations contemporaines.

Au XXe siècle, les artistes s’intéressent au visage, par extension à la figure humaine, comme révélateur des mécanismes de la pensée confrontée aux contextes politiques, sociaux, et scientifiques du XXe siècle. Les liens d’intimité entre le visible et sa représentation, le rapport de complicité, d’identification entre le représenté et le représentant sont dissous. Ce n’est souvent que dans une relation d’étrangeté, d’absence, de vide, voire de stupeur que le sujet apparaît et s’instaure une nouvelle représentation du réel, qui révèle une profonde perturbation intérieure causée par les phénomènes extérieurs du monde.

On assiste à une dé-figuration par déplacement, et la figure subit toutes les métamorphoses, devient statue, mannequin, robot, matière, figurant de théâtre, homme sans visage, corps qui se réifie, représentation de l’attente, de la solitude, image glacée de magazine ou encore objet de désir. Ces thèmes récurrents dans l’art sont représentés de toutes les manières selon les mouvements qui se succèdent tout au long du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, du registre formel le plus classique au plus libre grâce aux innovations plastiques des avant- gardes. Ils sont traités par évocation, suggestion, allusion, équivocité, métaphore ou crudité.

Le parcours de l’exposition élabore une traversée du regard qui part du macrocosme des visages mêlés dans la foule, dans l’espace extérieur de la société jusqu’aux visages pris dans l’intimité et enfin étudie le microcosme du fonctionnement mental de l’individu. Le découpage s’organise en trois séquences, en trois univers, trois sphères de la représentation de l’individu.