2014 : L’appel

Depuis le début du Livre de la Genèse, jusqu’à ce texte de Luc, qui appelle et envoie, toute la Bible résonne des appels de Dieu, ce qui signifie que toute l’histoire de la relation entre Dieu et l’humanité est l’histoire d’un appel, fidèle, incessant de Dieu. Et depuis Jésus Christ, cet appel est devenu tellement irréversible que si l’on peut imaginer une humanité sans Dieu, on ne peut plus penser à un Dieu sans humanité. C’est un fait acquis pour l’ Histoire, et pour l’éternité.

chagal_moiseetbuisson Qui est Dieu ? Celui qui appelle. Qui est l’ homme ? Celui qui peut entendre l’appel divin. Mais l’appel de Dieu ne se fait pas en ligne directe. Dieu passe par des médiations – l’ Histoire, la conscience morale, la beauté, l’amour etc … Pourquoi ? Parce que la puissance et la transcendance de Dieu est telle que l’homme est trop faible pour la recevoir. L’homme le plus saint et le plus dépossédé dans sa manière d’aimer n’est qu’ « un ver luisant amoureux d’une étoile. » Ainsi l’homme devant Dieu !

Les religions anciennes, certes, avaient trop exalté la peur du sacré, du divin, à tel point que la puissance divine apparaissait si redoutable, si contraire à notre désir de liberté et d’amour, que l’homme avait fini par fuir une telle représentation de Dieu. Aujourd’hui, s’il est vrai que nous ne pourrions plus vivre avec la Peur comme un sentiment supportable  dans  notre vie  morale  et  spirituelle, il nous reste à retrouver un sens plus aigu du respect des signes par lesquels Dieu nous appelle : sa Parole et ses sacrements. C’est ainsi que communier, c’est répondre à un appel de Dieu, un appel à se convertir , à purifier les puissances du cœur et de l’intelligence et à déployer nos libertés pour le meilleur service des autres. Certes il n’y a que la faute grave qui peut nous écarter du désir de communier, mais avant même que de penser à cet empêchement moral, ne devrions nous pas nous interroger sur notre Désir lui-même, sur sa réalité, sa consistance, sur sa ferveur ou sa tiédeur ?

La tiédeur, cette température de la médiocrité, voilà un état de langueur dont il nous faut parfois consentir à faire l’aveu. Et répondre à l’appel divin par l’engagement, c’est bien cela : sortir de la tiédeur pour répondre à l’appel en prenant des risques.

Quels risques ?

Risquer, c’est accepter de perdre … et de gagner.

Nous y perdons en confort en en tranquillité. Nous y perdons au niveau des considérations mondaines (amour-propre, respect humain, considération, vanités sociales …). Nous y perdons en temps pour nous-mêmes (moins de loisirs, de superflus, de bavardages inutiles …).

Nous y gagnons en exigence d’organisation de notre temps : la rigueur de la gestion du temps est un excellent exercice de liberté intérieure.

Nous y gagnons en développement de nos énergies physiques, psychologiques et spirituelles par des qualités recouvrées de souplesse, d’adaptation et d’imagination créatrice.

Nous y gagnons en dépouillement : le nomade spirituel, qui répond à l’appel divin en prenant la route, s’allège de ce qui est inutile et pesant.

Nous y gagnons en soif d’ Absolu.

Père Alain de La Morandais

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s