La théorie du genre : qu’est-ce que c’est ?

Les études sur le genre viennent dubesoin ressenti par des sociologues – souvent féministes, américains ou français – d’éclairer une injustice faite trop souvent  aux femmes dans les sociétés. Il s’agit de redonner à chaque personne plus de liberté pour savoir comment elle peut devenir ce qu’elle est: un homme ou une femme. (cf. la crise d’identité sexuelle pendant l’adolescence). Pour eux le sexe n’est pas une fatalité ou un destin, mais une richesse, une capacité qui reste à développer. On pourrait penser que cela part d’un bon sentiment mais il ne s’agit pas de cela , en ce cas ; il y a une expérience moderne selon laquelle chacune ou chacun, quelles que soient les conditions de sa naissance, de son milieu social, de sa culture ou de son ethnie doit pouvoir dire, un jour, « Je suis un homme » ou « Je suis une femme »,  « ma naissance, ne suffit pas à identifier ma sexualité ». La théorie du genre peut se présenter comme une invitationà participer à son devenir d’homme ou de femme, pas seulement en se basant sur les reçus depuis la naissance.

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Il est vrai que ce n’est pas la seule naissance qui nous fait homme ou femme. C’est aussi l’éducation et toutes les expériences de la vie. L’éducation des parents et d’autres intervenants orientent, inclinent ou aident l’enfant et puis l’ado à devenir femme ou homme. Cela, c’est bien la part de vérité de la théorie du genre et nous ne devons pas en avoir peur si l’on considère que l’idée d’achèvement ne contredit pas, au départ, les conceptions chrétiennes sur la création .

Le débat est ouvert sous réserve que les questions ne soient pas piégées , comme dans celui ouvert et bâclé du « mariage pour tous », lorsqu’un adversaire à la loi Taubira se voyait traité immédiatement d’homophobe. L’homosexualité est une réalité mais est-elle pour autant un modèle ? Il y a une tradition biblique juive et chrétienne qui fonde la création sur la séparation et la différence , qui structure le féminin et le masculin,  et elle se retrouve chez des scientifiques ou des psychologues athées. Là, la confrontation peut devenir positive et intéressante, mais quand elle rentre dans le jeu politicien, est-ce que les conditions sont bien posées pour un débat ? Reste aussi à ne pas oublier une autre réalité inévitable, qui est celle de la bisexualité, récusée ou considérée par les uns ou les autres. A suivre.

Père Alain de La Morandais

Docteur en Théologie morale et en Histoire

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