« Pinocchio » au théâtre de Paris : spectacle musical

Invité à ce spectacle, j’ai voulu faire plaisir à l’ami qui m’y avait invité, mais peu convaincu sur le genre dit « comédie musicale », tout en ayant – à ma propre surprise ! – apprécié « Sister act ». Dès le début, entouré d’enfants sages te bruissants et de parents touchants, j’ai été saisi agréablement par le bon courant que faisaient passer  les bons acteurs vers son public, créant cette communion d’abord de sympathie réciproque, puis d’admiration et de respect : à peine issu de sa bûche originelle, le Pantin s’humanise et nous touche si bien que l’on se projette sur lui plus que sur son père, Gepetto. Après la « création », nombre d’épreuves et de joies vont marquer la construction psychologique et spirituelle du Père et de l’enfant. Ah ! Les beaux risques de la paternité, qui, au départ, était l’alibi de l’abandon de la solitude ! Oh ! les belles tentations de l’enfance qui se refuse à trop grandir, tout en prenant les risques de la rupture. Le dialogue entre la Fée – symbole mensonger de la magie qui prétend au « tout-tout-de-suite ! – et Cricri (Jiminy Cricquet dans le conte original), la Conscience, qui ne se contente pas de débattre avec elle-même mais s’affronte aux songes et rêveries de la Fée. Humour et gravité alternent plaisamment.
Pour les enfants, c’est le spectacle de l’école de la liberté et pour les grands l’appel à une réflexion sur la Création, ce qui nous permet de comparer la marionnette au nez qui s’allonge avec d’autres « créatures » célèbres qui sont aussi, à leur manière de la famille : Adam, Frankenstein, Mowgli, Tarzan.

De Pinocchio à Cahuzac : super-menteur ?

Ces deux pantins n’ont pas inventé le mensonge. La Bible regorge de mensonges de toutes sortes, comme un miroir de la condition humaine.

Dès le premier chapitre de la Genèse, où l’on voit Satan mentir odieusement à Eve quand il l’assure que non seulement elle ne mourra pas, si elle mange le fruit défendu, mais qu’elle et Adam deviendront « comme des dieux », toute la Bible est remplie de mensonges. Quelques exemples, parmi des centaines, nous édifieront ;

Caïn ment, quand il prétend ignorer où est Abel, son frère qu’il vient de trucider. Abram, par deux fois, fait passer son épouse Sara pour sa sœur. Quand Rebecca dispose tout pour faire croire à son vieil époux Isaac que Jacob est son fils aîné et que ce dernier se prête à la supercherie , il y a là un mensonge grave. Les frères de Joseph commettent un mensonge lourd et prolongé, quand ils s’arrangent pour faire croire à leur père, Jacob, que son fils cadet a été dévoré par une bête féroce. A la cour de Pharaon, l’accusation d’agression sexuelle de la femme de Putiphar contre Joseph est un mensonge public scandaleux. Samson de joue de Dalila en lui débitant, pour la séduire, petits et grands mensonges. Lorsque le roi David fait exécuter son officier Urie pour lui ravir sa femme, son complot se trame dans le mensonge pour essayer de couvrir l’homicide. La ruse qu’emploie Judith pour s’insinuer dans la confiance d’Holopherne comporte un certain nombre de dissimulations que n’excuse pas le but qu’atteint l’héroïne.

Dans le célèbre épisode de « Suzanne et les vieillards », les deux gérontes lubriques, qui accusent la chaste Suzanne, ne sont que de cyniques menteurs. Le cruel roi Hérode ment quand il dit aux mages qu’il veut lui aussi  aller  adorer l’Enfant Messie. Dans la tentation du Christ au désert, Satan lui ment lorsqu’il se prétend le maître de tous les royaumes de la terre. Les pharisiens et les princes des prêtres profèrent des mensonges quand ils affirment que Jésus chasse les démons par un pouvoir diabolique, ou lorsqu’ils prétendent savoir qu’il est un pécheur, ou encore quand ils l’accusent devant Pilate : les faux témoins à charge contre le Christ dénaturent délibérément ses paroles publiques. A son tour, lui-même, Pierre comment une belle série de mensonges quand il renie son Maître et se parjure par trois fois. Les gardes du sépulcre sont corrompus pur mentir au sujet de la Résurrection et de  la disparition du corps du  Christ supplicié. Enfin, le Livre des Actes nous révèle à la fois les mensonges d’Ananie et de Saphire, qui ont dissimulé le prix du champ qu’ils ont vendu, transgressant la règle communautaire du partage des biens, et que les Juifs mentent dans leurs accusations contre l’apôtre Paul.

Cependant il faut tout de suite souligner que beaucoup de manières de parler usités en Orient ne doivent pas être comprises à la lettre, selon notre logique occidentale – même si nous nous rappelons bien la petite phrase du Messie : «  – Que votre oui soit oui, et votre non soit non ! »  Au premier coup d’œil, elles semblent exagérer et même contredire la réalité, alors qu’elles sont purement conventionnelles et doivent se prendre dans un sens tout à fait relatif. C’est ainsi qu’on procède, par exemple, à l’égard des expressions qui proclament, d’une manière si formelle en apparence, l’universalité du déluge ou de celles qui font aller Alexandre le Grand jusqu’aux extrémités du « monde » et disent que la terre se tut en sa présence. Ou bien, lorsque les fils de Heth répondent  à Abraham qu’ils lui « donnent » le champ et la grotte de Makpelah, alors qu’ils ne songent qu’à lui les vendre, en réalité ils ne mentent pas mais ne font qu’entamer les salamalecs indispensables, sous une forme conventionnelle et courtoise . Non seulement il faut d’abord tenir compte du genre littéraire du récit, mais aussi des us et coutumes des lieux et du temps. Ces écrivains s’expriment évidemment comme on le faisait à leur époque, dans leur culture, et selon l’intention du message à communiquer ;

Dans l’Ecriture, le mot de « mensonge » a, en fait, deux significations distinctes. Un sens religieux désigne les rapports de l’homme avec Dieu : vivre dans le mensonge, c’est suivre les idoles, méconnaître Dieu, puis refuser le  Christ et sa Parole. Dans son évolution, le langage n’a guère retenu cet aspect puisque, pour exprimer le refus ou le vide concernant Dieu, selon les époques, on a parlé d’impiété, d’incroyance, d’indifférence ou de libre pensée, et aujourd’hui d’agnosticisme ou d’athéisme. Evidemment, nous ne retenons ici que le sens moral, visant une relation  de l’homme avec son prochain à qui « il parle autrement qu’il ne pense ».

On donne communément du mensonge la définition suivante : « Mentir, c’est parler contre sa pensée, avec l’intention  de tromper. » (St Augustin, in « De mendacio », III, 3). « Parler » signifie non seulement articuler des paroles mais user d’autres moyens équivalents pour affirmer quelque chose, écrire, faire des signes de tête ou autres. Le sens moral commun va même plus loin et appliquerait volontiers l’épithète de « menteur » à quiconque déguise sa pensée, manque de franchise, ne se montre pas tel qu’il est : l’hypocrisie, la dissimulation, la fourberie, les promesses fallacieuses sont des formes larvées de mensonge.

Parler « contre sa pensée », et non simplement contre la vérité : une affirmation objectivement fausse ne sera pas mensonge, si celui qui affirme croit dire la vérité, et inversement, on peut mentir tout en disant la vérité sans le savoir. D’autre part, il s’agit d’une parole contraire à ce que l’on pense. Autre chose est de parler contre sa pensée, autre chose est de ne pas livrer toute sa pensée. La franchise défend à l’honnête homme d’affirmer ce qu’il croit faux  mais elle ne lui demande pas d’étaler à la curiosité d’indifférents ou d’hostiles ses pensées intimes, ses sentiments ou ses projets : il y a dans toute âme un « jardin secret », où tout le monde n’a pas le droit de pénétrer. Se confier à tous sans discernement ne serait plus de la franchise mais une sorte de puérile naïveté … ou de bêtise.

« Avec intention de tromper » : c’est un des éléments constitutifs de la malice du mensonge. Si communément on déteste le mensonge, c’est parce qu’il trompe ceux qui le croient ; on perd confiance dans le menteur parce qu’il a abusé de cette confiance pour tromper. Et partout où cette intention de tromper fait défaut, le bon sens commun n’y voit pas mensonge. Des récits légendaires, des fables, des romans, des poèmes, des plaisanteries – des promesses électorales ? – , des affichages publicitaires, des affirmations paradoxales ne sont pas des mensonges, parce que personne ne peut s’y tromper et que leur auteur veut, non pas induire ses auditeurs en erreur, mais les divertir, piquer leur curiosité, réanimer leur mauvais moral ou, au mieux, les instruire . Le même bon sens commun ne voit pas davantage de mensonges dans certaines formules habituellement reçues et employées pour signifier l’impossibilité de dire vrai ou écarter les indiscrets et malappris , ou se dégager de questions inopportunes ; ce n’est pas mentir que de répondre «  – Je ne sais pas. » à un fâcheux qui vous ennuie, ou «  – Je n’ai pas d’argent » à  un tapeur obsédant pas plus que de faire répondre au téléphone « – Monsieur est en conférence … », ou d’assurer de son « dévouement » un correspondant qui nous est parfaitement indifférent, voire inconnu. Personne ne se trompe sur toutes ces formules qui ne sont qu’une manière policée de se protéger ;

St Augustin a énuméré huit espèces de mensonges, qui sont plutôt des degrés de culpabilité du mensonge d’après l’effet voulu par le menteur.

Le plus grave,  celui auquel aucune excuse ne saurait plaider favorablement, serait tout mensonge qui pourrait entrainer le prochain dans l’erreur religieuse, non seulement de la part de ceux qui sont officiellement docteurs en religion, mais aussi dans les relations ordinaires de la vie ; ainsi le mensonge du catholique qui se  ferait  passer  pour  hérétique, afin   de   pénétrer  les   secrets  d’une secte. Ensuite vient le mensonge qui nuit à quelqu’un sans que ce mal soit compensé par une utilité correspondante. En troisième lieu, le mensonge nuisible à quelqu’un, mais utile à un autre . Puis le mensonge que l’on commet sans autre intention que de mentir, pour le seul plaisir de tromper et de se glorifier de son habileté. En cinquième lieu, le mensonge fait pour plaire, pour amuser la galerie, se rendre « intéressant ». Viennent ensuite les mensonges qui pourraient paraître excusables parce que, sans nuire à quiconque, ils ont un but d’utilité, soit pour éviter à autrui une perte d’argent, soit pour lui sauver la vie, soit pour préserver son honneur. Un exégète thomiste en a conclu : «  Cela fait huit espèces de mensonges, dont la malice va décroissant, depuis le mensonge nuisible à Dieu jusqu’au mensonge utile spirituellement, sans que jamais cette malice s’éteigne. »

St Thomas d’Aquin, qui a retenu cette analyse augustinienne, tout en ajoutant deux autres espèces. Il y a, dit-il, une division qui considère le mensonge sans son essence – à savoir de dire le contraire de sa pensée. Or, certains mensonges exagèrent, et d’autres diminuent ce que l’on croit la vérité. Aux premiers il donne le nom d « jactance », et aux seconds celui d’ « ironie ».

La prière du pharisien et du publicain Luc 18,9-14

La reconnaissance de Dieu peut s’épanouir dans notre vie : à ceci nous la reconnaissons, à ce qu’elle suscite en nous la gratitude.

Percevoir notre vie comme un don précieux, reçu d’une Source pour laquelle nous avons un total respect, peut donner à chaque moment de notre existence un poids, une densité, une richesse, une gravité allègre incomparable : cela peut transfigurer ce qui, sans cette reconnaissance, aurait pu paraître banal, monotone, habituel, quotidien.

Trop souvent, en effet, nous sommes comme le pharisien : si remplis de nous mêmes et de nos soucis ou de nos vanités que nous ne voyons plus rien : nous passons à côté de la joie ou de la souffrance, de l’appel ou du message exprimés dans un visage, dans un regard, dans une parole, dans une intonation de voix ….Celui que nous côtoyons reste pour nous un collaborateur, un camarade de travail ou de sport ; il n’est pas perçu comme un autre, riche de toute son originalité et de tout son mystère.

Mais nous pouvons aussi, en nous désencombrant de nous mêmes, revivre dans la Prière tous ces moments que nous avions mal vécus, réentendre ce que nous avions mal entendu, revoir ce que nous avions mal vu. Alors, tel visage s’éclaire, telle parole prend son poids, tel regard commence à briller, tel sourire nous réconforte. Autrui laisse percer son mystère et fait grandir en nous le respect et la vénération pour notre commune origine.

Ainsi peut grandir en nous le goût des choses, des êtres, de la vie, et ainsi se développe notre goût de Dieu; ainsi va pouvoir sourdre notre gratitude. Parvenir jusqu’au goût de Dieu, voilà à quoi n’atteint pas la prière, lorsque nous sommes trop imbus de nous, trop « pharisiens ».

Parvenir au goût de Dieu par le goût des êtres et des choses, en appréciant la saveur de notre propre vie …

Plus encore que notre intelligence, c’est la saveur, c’est le goût qui peuvent nous ouvrir à la révélation de Dieu.

       La prière du pauvre de coeur, la prière en humilité est celle de celui qui sait savourer la vie, de celui qui voit croître en lui le goût des êtres et des choses avec un coeur rempli de gratitude.

       Comment pourrions nous participer, chaque dimanche, à l’Eucharistie – c’est à dire au sens strict « rendre grâces » -, si notre coeur n’est pas rempli de gratitude ?

Et comment cette gratitude serait-elle réelle, si elle ne jaillit pas d’un goût profond de la vie qui nous est donnée ? Comment ? En faisant taire le bavardage intérieur de l’   « ego » pour entrer dans la prière silencieuse : rompre l’engrenage, prendre le temps de passer hors du temps, là où, loin des bruits extérieurs, nous sommes d’abord confrontés à un autre engrenage, intérieur celui-là, celui de la rumeur intense qui nous habite, avec laquelle il va nous falloir aussi rompre.

Rompre avec tout ce qui « bruit » par trop en nous, condition pour entrer dans la prière silencieuse qui fera bruire seulement, doucement, le « merci » rendu ….

« Bien armé … »

 II Tim. III,14

 Les mains levées, signe de la Prière de supplication.

Le corps prend part à la Prière, il est Prière. Il est signe de l’âme dressée dans son élévation spirituelle vers Dieu et de son propre combat intérieur. Dans le « désert », c’est à dire souvent dans la solitude et l’aridité. A travers les pesanteurs du corps et de l’esprit.

Ils marchaient dans le désert ces Israélites, tour à tour fidèles et rebelles, guidés par un pasteur qu’ils adulent et récusent à la fois. Les embûches étaient nombreuses et les ennemis se multipliaient, tant dans leur propre camp que surgis de l’extérieur. Nous sommes, nous aussi, Eglise, un petit peuple en marche sous le guidage de son pasteur et nombreux sont nos ennemis de l’intérieur.

Paul rappelle à Timothée les devoirs du pasteur :

– enseigner;

– dénoncer le mal, faire des reproches;

– redresser;

– éduquer dans la justice;

– encourager

et tout cela « à temps et à contretemps », mais avec une longue patience.

Par revers, nos propres ennemis sont ainsi dénoncés :

1- faillir à la tâche d’enseignement, par paresse intellectuelle ou dérive doctrinale;

2 – renoncer à nommer le Mal, là où il se trouve, dans toutes nos lâchetés contemporaines, personnelles et collectives, à savoir :

         –  la tiédeur;

         – la mollesse et les compromissions des consciences, tant pour les moeurs que vis à vis de l’Argent;

         – affadissement spirituel dans les sucreries d’une piété plus

            proche de la sensiblerie que de l’exigence de l’harmonie

            entre  le coeur et l’intelligence;

        – ignorance de l’Histoire et de la culture;

       –  peur et désarroi devant la rudesse des interrogations de l’a-

          théisme, de l’agnosticisme et des philosophies modernes;

       –  repli frileux face aux différentes formes d’indifférence;

       –  tentations des nouveaux démons du racisme, de la xénopho-

          bie et des introversions hexagonales.

3 – Laisser faire la dérive et se courber devant les maîtres du jour.

4 – Oublier que les exigences de la Justice précèdent la charité;

5 – Mépriser les énergies qui nous entourent en omettant de ravi-

     ver  les courages à l’ouvrage.

Et tout cela, en finassant trop avec les opportunités du temps, ou en faisant fi des gradualités qu’impose une longue patience.

Cette lutte est parfois épuisante ? Certes, mais Paul nous rappelle que nous sommes  « bien armés » par l’Ecriture, et l’inspiration de Moïse nous fait souvenir que la Prière ne peut nous laisser faillir et être vaincus.

La Prière ! Celle que nous soutenons dans la solitude, chacune et chacun d’entre nous. La Prière ! Celle que chaque dimanche, membres visibles ou invisibles, reconnus, engagés ou anonymes, réguliers ou de passage, celle de l’assemblée dominicale qui retend les forces de ceux qui se sont investis, qui soutient les défaillances et ranime les énergies. Celle, publique de l’Eglise, qui soulève ses mains de l’aurore au couchant, relayée par les contemplatifs de par le monde entier. La Prière de la Communion des Saints, celle des ras-de-motte que nous sommes, précédée par l’immense cohorte des témoins et des Saints. Toutes et tous  soutiennent nos bras et nos mains, comme Aaron et Hour soutenaient les mains de Moïse en supplication durant le combat.

Toutes et tous nous donneront à nouveau des témoins, des époux, des jeunes prêtres, des diacres, des passionnés du Dieu secret qui se livre amoureusement dans le silence.

Selon les grâces et le mystère de son unique Patience.

 

« Les harkis. Mémoires sans issue » de Vincent Grapanzano

41HQP-Pvr8L._Dans cette chronique de traîtrise et d’abandon, d’ostracisme et d’exil, l’anthropologue américain Vincent Crapanzano se penche sur le sort des harkis et de leurs descendants. Sous le terme « harki », il englobe le quart de million de supplétifs algériens qui ont combattu aux côtés des Français durant la guerre d’Algérie et qui, après l’indépendance en 1962, furent pour la plupart désarmés et renvoyés dans leurs villages par leurs officiers.

Dénoncés comme traîtres par les Algériens, trahis par les Français, plus de soixante mille d’entre eux furent emprisonnés, sauvagement torturés et exécutés. Ceux qui réussirent à rejoindre la France furent cantonnés dans des camps, certains pendant près de vingt ans. Selon l’auteur, ils y sont devenus une population doublement à part : à la fois ghettoïsée et emmurée dans le silence. Et quant à leurs enfants, ils souffrent d’une double blessure : celle qu’ils ont eux-mêmes endurée et celle produite par le mutisme de leurs pères.

Plus qu’un simple retour sur le sinistre passé des harkis et leur douloureux présent, cette enquête ethnographique retrace les nombreux paradoxes d’une identité forgée par l’indignation, le ressentiment et la soif de justice. Elle nourrit en outre une puissante réflexion sur la façon dont les enfants portent la responsabilité des choix de leurs parents, dont l’identité personnelle est façonnée par les forces impersonnelles de l’histoire et dont la violence elle-même s’insinue dans chaque aspect de la vie humaine.