Dans « le monde » : Beauté capitale

imagesLe père de La Morandais à contribué à cet ouvrage : Philocalie

Comment parler de la beauté ? Et même, comment oser le faire, tant le mot est tabou, dit l’architecte Christian de Portzamparc ? Passéiste, déplacé, peu présent dans la bouche des artistes eux-mêmes. Une revue belle et étrange, insérée dans un coffret, donc chère également, tente l’exercice. Et rien que pour cela, c’est prometteur. Valérie Solvit, chef d’orchestre du projet, a demandé à 76 personnalités ce que la beauté leur inspirait. Le tout est rassemblé sous le titrePhilocalie (« amour du beau en grec »). En préambule, Valérie Solvit prend position :« J’aime le monde moderne, et je le voudrais beau. Plus beau. » Ce qu’elle fait avec ce numéro soutenu par L’Oréal.

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 Le Monde « Culture & idées » va plus loin avec cinq personnalités présentes dansPhilocalie. Nous aurions pu opter pour des écrivains, des historiens ou des spécialistes de l’esthétique. Nous avons préféré demander à des praticiens quelle place ils assignent à la beauté dans leur métier. Leurs propos résonnent avec ceux de l’architecte Oscar Niemeyer, qui a donné son dernier entretien – trois jours avant sa mort – à Philocalie. Avec ceux de Jacques Cooper, le concepteur du TGV, qui explique comment il a conçu « une oeuvre d’art qui ne soit pas une cage à poules ». Ou du chirurgien esthétique Ivo Pitanguy, qui regrette que la beauté soit devenue « globale » et « commercialisée », ou du restaurateur et hôtelier Jean-Louis Costes, qui conclut son texte par : « Le commerce du beau fait le beau commerce. »

Ou encore avec ceux qui interrogent leur propre beauté. Charlotte Gainsbourg, par exemple, qui révèle dans un entretien émouvant que son père la qualifiait d’« orchidée déguisée en ortie ». Elle commente : « Non, je ne me trouve pas belle, et ça m’emmerde. Mes détails m’attristent. » Alain Delon a moins de doutes, au point de devenir grincheux : « Des millions de femmes et d’hommes m’aimaient parce que j’incarnais, pendant deux heures, ce qu’ils auraient voulu être. Cette magie agonise. Maintenant, il n’y a que des comédiens qui se donnent un mal fou pour ressembler à n’importe qui. »

Ce qui frappe, dans cette revue, comme dans cette double page, c’est que la beauté se définit avec ou contre d’autres mots – le laid, l’utile, l’harmonie, l’argent, l’épure, le bon, la politesse, l’idéal…

La beauté, question de regard donc.

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