Glorification finale

Unknown Jean XVII,20-26

Le regard du Messie sur le départ porte jusqu’à la fin des temps.Il place le groupe des Onze dans le rayonnement de sa Gloire.Lui-même ne peut les quitter sans entrer dans sa Gloire, sans leur avoir donné l’assurance solennelle qu’Il ne fait que les y précéder et qu’ils L’y suivront.

Dans cette finale de la prière se laisse percevoir l’annonce du Jugement de la fin des temps. Deux fois, en ces courtes phrases, le Seigneur fait appel à son Père. C’est comme s’Il s’avançait, tel un juge des derniers temps, devant le trône du Père et proclamait le Jugement. Le contraste est saisissant entre le groupe des disciples décontenancé qui est réuni dans la chambre haute et les assises extraordinaires du Jugement final.

« Père, je veux » : jusqu’à présent le Seigneur Fils consultait son Père. Mais sa voix prend ici un accent de majesté princière. Par sa glorification Il est fait juge des derniers temps, Il reçoit la puissance de rendre le Jugement.  « Je veux » n’est pas un impératif mais une proclamation faite sur l’ordre du Père. Car dans le Jugement final le Fils n’agit pas davantage de sa propre autorité. C’est parce qu’Il prononce le Jugement, mandaté par le Père, que ce Jugement est valable et définitif. Le groupe des Onze apeuré et encore hésitant assiste ici, au moment de connaitre la plus terrible des désillusions, à la première notification  de la décisison finale , d’où sortira leur propre gloire. Et ceci engendre en eux une forme de certitude, que la première chrétienté appellera l’Espérance, ou encore l’endurance, et que d’aucuns nomment aujourd’hui persévérance.

Là où est le Seigneur là aussi seront ses amis. La situation créée lors de sa venue en ce monde est désormais renversée : alors qu’Il était auprès d’eux, maintenant c’est eux qui seront auprès de Lui.

Et ils contempleront sa Gloire. Certes, ils l’ont déja vue, cette gloire, dans ses oeuvres et surtout dans sa glorification (cf. le Prologue de Jean), déja même ils y ont part (Et moi je leur ai donné

 

 

la gloire que tu m’as donnée… »), mais tout cela n’est qu’une première lueur d’une aube tout à fait neuve – et nullement un mirage.

Ils n’ont pas encore vu son véritable éclat et n’en ont pas encore pleinement joui. Le mystère de la foi et de la grâce doit s’épanouir dans l’admirable et béatifique vision de Dieu: « Bien-aimés, nous sommes déja maintenant enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’est pas encore révélé. Nous savons que, lorsque cela sera révélé, nous Lui ressemblerons car nous Le verrons comme Il est. »(I Jean III, 2)

Le Seigneur possède cette gloire depuis l’éternité, bien avant l’Incarnation.Le Père en effet s’est fait connaitre en son Fils mais cela n’a pas épuisé son amour. Le Fils naît du Père, et cette naissance se manifeste dans la révélation que le Fils fait du Père aux hommes. Selon Jean l’amour du Père pour le Fils se confond avec la mission du Fils dans le monde, parce que c’est précisément par la révélation du Père en son Fils que Jean a compris le rapport essentiel qui les unit. Lorsque donc on parle ici de cette gloire que le Père a donné au Fils, on n’entend pas la gloire que le Père a de toute éternité réservée pour la glorification finale du Fils, mais de celle qui est la forme visible de son être divin le plus intime. Et cette gloire, elle lui est coexistentielle de toute éternité, en dépit du voile obscur que son humanité a étendu pour un temps sur elle à nos pauvres yeux trop fragiles.

Maintenant le voile est écarté. La gloire transparait. Les yeux des Onze ne sont pas encore accommodés à cette fulgurante lumière, mais ils peuvent déja pressentir ce qui leur est promis.Maintenant que le Fils de l’Homme va s’élever vers les cieux, Il ne peut s’empêcher de faire surgir sous leurs yeux l’image du Jugement dernier. En saluant le Père comme un Père juste il affermit l’assurance chrétienne dans la promesse à venir. Ce dernier Jugement est aussi, en même temps, hélas ! une nécessaire condamnation de ce monde qui a refusé de croire, et cette tache assombrit cette vision de la gloire.Mais ceux qui ont cru au Seigneur, en Celui qui seul connait le Père et qui fut envoyé pour Le révéler, ceux-là n’ont aucune crainte du Jugement, ce qui est aussi une manière de leur rappeler que la seule crainte révérentielle qui importe pour un disciple ce n’est pas d’être privé sensiblement de son Seigneur mais de ne pas être condamné à la fin des temps.

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