Solidarité : Sœur Marguerite évoque « le miracle de l’amitié » pour une école primaire pour tous

Mardi 11 décembre se tiendra la conférence pour l’enseignement primaire gratuit, sous le patronage de l’ambassadeur du Congo en France, Henri Lopes. En ligne de mire, la lutte contre l’analphabétisme à laquelle Sœur Marguerite Tiberghien a consacré sa vie. À 86 ans, cette fille de la Charité, installée à Paris, continue d’œuvrer pour l’école spéciale au Congo. Elle se confie, dans nos colonnes, sur les moyens de sortir de l’orphelinat mental

Converser avec Sœur Marguerite est un exercice de longue écoute passionnante de celle qui a été décorée de la Légion d’honneur en France, et de l’ordre du Mérite congolais au Congo. Elle est intarissable sur les souvenirs de son séjour au Congo de 1972 à 2004 en tant qu’enseignante. S’entretenir avec elle, c’est évoquer l’éternel retour sur son séjour de 30 ans marqué par l’ouverture de l’école spéciale « ouverte à une cinquantaine de mamans aux prises avec de nombreux obstacles face à l’accès à la lecture et à l’écriture ». Une école gratuite offrant aux exclus du système scolaire, l’entrée à l’enseignement primaire. Car, citant la pensée de Montesquieu, « les forces seraient égales si l’éducation l’était aussi ».

Une égalité naturelle qui fonde le refus de Sœur Marguerite de voir un enfant de 15 ans être exclu du système scolaire. « C’est inacceptable ! », martèle-t-elle. Son plaidoyer en faveur des enfants exclus demeure intégral. Elle rappelle, à chaque fois, les fondamentaux requis à tout adolescent afin qu’il perçoive, sente, imagine, crée ; en un mot, qu’il découvre le monde. Pour ces enfants, Sœur Marguerite a conçu des besoins éducatifs particuliers à travers l’école spéciale, aujourd’hui comptant un effectif de 2 000 élèves dont des handicapés. Soutenir ce dispositif d’accompagnement d’instruction gratuit destiné à ceux qui ne savent ni lire ni écrire, a un coût. De ce point de vue, le Fonds de dotation Sœur Marguerite a été lancé courant 2011. « C’est le miracle de l’amitié », confie-t-elle.

À ce miracle si solennel, Sœur Marguerite associe un carnet d’adresses prestigieux allant des autorités congolaises, en passant par des personnalités comme Jacques Séguéla, jusqu’au Père Alain de La Morandais, l’actuel président du Fonds de dotation Sœur Marguerite. « J’ai une grande reconnaissance pour les autorités congolaises », affirme-t-elle, avant d’ajouter : « Je salue l’appui de la Première Dame aux services rendus aux jeunes mal scolarisés de notre établissement. Notre fierté réside aussi dans ces efforts consentis par le ministère de l’Éducation pour la titularisation de nos enseignants. » Avec le Congo, ce sont des anecdotes et tous ces souvenirs des enfants qui se sont sentis fiers grâce au sport pratiqué par les élèves de l’école spéciale. « Oui, après avoir remporté le tournoi de football, les élèves étaient fiers d’arborer les tee-shirts de l’école appelée par les détracteurs, ‘l’école ya ma yéza’ littéralement l’école des niais en congolais », se souvient Sœur Marguerite.

Ce manque de considération a toujours poussé Sœur Marguerite à faire passer son message en affrontant le public encore hostile à l’éducation pour tous. Elle aura l’occasion de le rappeler lors de la conférence qui se tiendra mardi prochain, et dont l’intitulé est : « Enseignement primaire gratuit : un droit pour tous, une responsabilité pour nous ». Dans la salle verte de l’ambassade du Congo en France, elle reviendra sur cette tour dont les Congolais sont si fiers : la Tour Nabemba qui « se dresse si haut en prenant appui dans la terre ». Chargée de flacons odorants, Sœur Marguerite présentera également « l’eau de parfum Djoué », conçue par Motse Akanati et vendue au profit du Fonds Sœur Marguerite. « J’ai accepté de concevoir Djoué en me souvenant que j’ai reçu une instruction primaire dans mon enfance », affirme la créatrice.

L’instruction établira les passerelles entre les instruits d’ici et d’ailleurs. Sœur Marguerite veillera à ce besoin universel tant qu’elle prendra son bâton de pèlerin pour le rappeler à chaque halte. Tel sera le cas, à n’en pas douter, mardi 11 décembre, dans les locaux de l’ambassade du Congo en France.

Pour la conférence à  l’ambassade du Congo en France

RSVP par courriel :contact@soeurmarguerite.orgou par téléphone : 06 09 21 86 93

http://www.soeurmarguerite.org/

Marie Alfred Ngoma

Photo : Sœur Marguerite Tiberghien, la Sœur Courage déterminée à enrayer l’analphabétisme.

 

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