Passion

Homélie 25 ème dimanche du temps ordinaire

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30

          Passion signifie à la fois amour et souffrance. Comment pourrait-on séparer ces deux sens ? A moins d’être stoïcien, un peu janséniste ou masochiste, nul n’accepte sereinement l’épreuve de la souffrance d’amour s’il n’a dans son cœur l’ Espérance que cette « mort » sera la mort du grain pour qu’il porte du fruit. Tout est tendu alors vers l’avenir.

La Passion du Christ s’éclaire si on l’envisage comme Passion de l’avenir sous cette double lumière : passion comme amour et souffrance indissociablement mêlés, mais tendus vers l’avenir.

La passion de l’avenir. « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il fut déjà allumé ! » Le Christ est tendu de tout son être vers les lendemains du Dieu qui fait « toutes choses nouvelles » (Apocalypse) : vers la venue du temps où enfin la solitude de l’homme sera vaincue, où le pauvre trouvera l’accueil d’un frère, où tout chef sera serviteur, où il n’y aura plus entre l’homme et la femme qu’une tendresse égale, où il n’y aura plus d’amour caché et désespéré, où enfin nul ne prendra plus amour des autres la possession de l’autre.

Passion si forte au cœur du Christ qu’Il se réjouit pour les siens de l’irruption violente de l’Esprit, lequel réalise déjà l’avenir de Dieu et celui de l’homme.

Passion qui ne l’empêche pas de prendre entre ses mains l’ « heure » douloureuse – celle de son passage par la mort – mais qui ne le laisse à aucun moment le jouet d’un hasard aveugle ou d’une nécessité implacable : « Nul ne me prend ma vie mais c’est moi qui la donne. »

L’avenir de toute passion est ainsi fondé, enraciné dans celle du Fils, du Frère en humanité. Et dorénavant toute souffrance humaine achève la Passion du Christ dont nous sommes le Corps. Il n’est de douleur qui ne reflète, en ses traits brouillés et mouillés, le visage du « serviteur souffrant » qu’annonçait Isaïe.

Hommes, savons nous assez que nous sommes la passion de Dieu ?

  « L’invisible rayonne

    et Dieu se voit en eux,

    comme au premier matin,

    le monde est dans leurs yeux. »

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