La parabole …

Homélie du 11eme dimanche du temps ordinaire

 Mt.XIII,1-23

La parabole, si connue, du semeur nous donne l’occasion de réfléchir sur ce qu’est précisément le genre littéraire de la parabole, si souvent utilisé par Jésus le Nazaréen.

En face d’un interlocuteur, qui peut être une personne ou un groupe, trois attitudes profondes, ou si l’on veut, trois registres, sont possibles par delà toute la gamme des comportements d’un locuteur :

– une attitude de pression;

– une attitude de distance;

– une attitude de contact.

L’atttitude de contact : elle ne se place en face d’une personne ni en retrait, ni en pression, mais dans un équilibre délicat et sans cesse à rétablir.

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A propos de l’affaire Trierweller : Vie privée-vie publique

 » Qui vole un oeuf vole un boeuf », dit le proverbe populaire, mais personne ne dit : « L’élu qui trompe sa femme trompe son électeur »  Nul ne se demande si son boulanger a une maîtresse ou s’il a des fréquentations chaudes dans certains bar de la ville la plus proche …et pourtant, pour peu qu’une « affaire » surgisse dans un village ou une campagne, de ces histoires sordides où se mêlent le sang et le sexe, l’enlèvement, la disparition ou le viol, alors les rumeurs rampent, les soupçons battent la chamade derrière les rideaux : le même homme, dont les escapades et les conquêtes faisaient sourire, se voit marqué d’une suspicion où selon une logique retrouvée, on fait tout naturellement le lien entre sa vie privée et sa vie publique. A fortiori s’il s’agit d’un élu de la Nation ! Lire la suite

Rendez-vous samedi 16 juin à minuit sur Direct8

rumeurs et théories du complot : un monde parano?

Retrouvez les Enfants d’Abraham samedi soir à minuit sur Direct8 :
le Grand rabbin Haïm Korsia, le père Alain de la Morandais, l’intellectuel musulman Malek Chebel. Présenté par Mikaël Guedj

avec leurs invités :

Laurent Bazin, journaliste RTL et France 5, auteur de « Tous paranos? Pourquoi nous aimons tant les complots (éditions de l’Aube)  et Pascal Froissart, sociologue, auteur de « La Rumeur, histoire et fantasmes » (Belin)

Conte de l’ermite breton

L’ermite et l’oie  

        Elle défendait l’accès au portique par des cris menaçant qui s’articulaient à la mesure des avancées et des reculades de son long cou : dans le brouillard elle eut paru comme un dragon pour un hobbit perdu entre ces deux trous ronds qui marquent les entrées de leurs cavernes douillettes. L’oie de Combette.

       Grégoire avait simplement voulu pénétrer jusques dans la grand cour du Château pour arpenter la terrasse surplombant la verte combe, afin de tenter de deviner quelque chose du paysage à travers les longs filets de pluie ; il cherchait même des bouquets de lilas pour plonger ses narines dans les gouttes d’eau mêlées d’odeurs et de fraicheurs. Las ! Le volatile quasi canin lui défendait l’entrée avec une âpreté qui exacerbait son désir de franchir la clôture interdite.

       Le grand proche de granite se croisait d’une grille fermée mais une petite porte permettait de se faufiler entre les glycines ; il ne restait plus qu’à déjouer la vigilance de cette gardienne d’un nouveau Capitole. Avisant un gros escargot gris , il l’offrit en pâture au cerbère, faisant petit profit de sa voracité pour s’élancer avec succès jusqu’au passage convoité. Lire la suite

« Justice ! Pour l’honneur d’un prêtre »

Depuis le premier jour, François Lefort a farouchement nié avoir commis les crimes qui lui sont reprochés. Il a pourtant été condamné, et a purgé sa peine. Sorti de prison, il a maintenant le droit de s’exprimer. « Il est impossible de prouver son innocence », s’insurge-t-il. Mais quand, apportant de nouveaux éléments incontestables, il prouve qu’il n’a matériellement pas pu commettre certains de ces actes, quand il prouve que certains de ses accusateurs ont menti, on peut légitimement se demander si ce n’est pas un innocent que l’on a condamné.

Parce que la vérité n’est pas toujours là où l’on croit qu’elle est. Parce qu’Outreau n’a peut-être pas été un cas isolé…

Un ouvrage digne et convaincant. Pour demander Justice !

Lettre de Fra Angelico

Ami,

Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.

 Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos.

Prenez donc le ciel.

Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans le court moment présent.

 Prenez donc la Paix.

 L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a dans cette obscurité une splendeur et une joie ineffables, si nous pouvions seulement les voir.

Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder.

Je vous prie donc de regarder.

La vie est généreuse donatrice, mais nous,  qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs.
Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle, une vivante splendeur, tissée d’amour par la Sagesse, avec d’abondants pouvoirs.


Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve, croyez-moi, la main de l’Ange ; le Don est là – ainsi que la merveille d’une présence adombrante.

De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.
La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la Terre ne fait que recouvrir votre ciel.

Courage donc pour le réclamer.

C’est tout, mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.

Ainsi, en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations : mais avec la Prière ; que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

 

Expédition Grand Rift

Y aura-t-il assez d’eau sur Terre pour faire vivre 9 milliards d’individus en 2050 ? Voilà la question que ne cessent de se poser les frères La Tullaye. Après avoir descendu le fleuve Yangtsé et parcouru la Route de la soie, ils poursuivent leur quête de l’or bleu d’Ouganda en Israël.

Du lundi 11 au vendredi 22 juin à 20.00 sur France 5

Expédition Grand Rift

Fête du Corps et du sang du Christ

Homélie du dimanche du Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30

« Si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi votre foi …. vide et vaine ! », s’écriait Paul de Tarse aux chrétiens de Corinthe.

En effet, le mystère de notre liberté et de notre salut ne s’arrête pas au sacrifice et à la mort du Christ en croix. La mort du Christ sans la résurrection ,mais c’est l’échec, l’échec terrible et définitif et nous ne sommes tous alors que des imposteurs. Pire : tout devient absurde et ce ne serait plus à l’entrée des enfers, comme chez Dante, mais aux portes de la Terre qu’il faudrait inscrire l’avertissement fatal ! ? En pénétrant ici, abandonnez toute espérance ! ?

Mais la mort suivie de la Résurrection, c’est un sacrifice volontaire couronné par une victoire. C’est la victoire lumineuse du matin de Pâques ! Or l’Eucharistie, célébrée particulièrement aujourd’hui, est le mémorial de la mort du Seigneur, oui, c’est vrai, mais comme elle contient tout le mystère de notre libération et du Christ Total, elle est en même temps le sacrement de la Résurrection, de la Résurrection du Christ et de notre résurrection.

Le Christ présent à l’ Eucharistie est le Christ ressuscité et nous partageons l’ Eucharistie comme un gage de notre propre résurrection. Le Christ-Présent à l’ Eucharistie est le Christ ressuscité, car nous ne pouvons séparer la mort du Christ de sa Résurrection, sous peine d’absurde: les deux mystères, mort ET Résurrection, ne font qu’Un, qui est le mystère fondamental du Christ et des chrétiens : le mystère de Pâques ! Pâques, ce mot qui signifie ? passage ? et qui, comme tout passage, suppose deux choses : un départ et une arrivée. Dans la Pâque du Christ, le départ c’est la mort sur la croix, qui lui fait s’arracher si cruellement au monde; l’arrivée, c’est la Résurrection, complétée par l’Ascension, qui lui assure le retour plein de gloire auprès du Père. La présence du Christ ressuscité est signifiée liturgiquement par la très belle prière du mémorial qui suit la consécration : « Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils … » et par un geste rituel

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Conte de l’ermite breton

Le petit poisson et le coucher de soleil

                    C’est une histoire qui se passe dans la mer des Sargasses, là où aucun rocher n’affleure mais où les bans d’algues sont immenses et profonds comme des forêts. C’est justement à cause de ces floraisons considérables que le soleil n’arrive  bien à percer les eaux vertes que lorsqu’il est au zénith ; sous les épaisses frondaisons marines les reflets solaires ne parviennent que filtrés et atténués, de telle sorte que notre petit poisson doutait de sa mère lorsqu’elle l’assurait que le grand astre était dans sa gloire à la perpendiculaire des eaux. Il est vrai que même un enfant de tapir n’y aurait pas mieux vu, à la même heure, sous les futaies colossales de la forêt guyanaise. Et c’est pourquoi ces bestiaux-là préfèrent, quant à faire, se déplacer la nuit. Mais eux, les poissons, dorment de nuit.

                  Le petit poisson n’eut de cesse et de raison qu’à force de se faufiler à travers la marées des algues sombres il parvint à hisser le bout de son museau jusqu’à la surface de l’océan, en clignant des yeux vers les cieux. La fulgurance de l’éclat solaire le fit incontinent, ébloui, sonné, s’évanouir et sombrer entre les bras tentaculaires et verts qui le recueillirent comme une pauvre petite fleur tombée de l’arbre avant d’avoir donné son fruit.

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