Saint Jean Baptiste

Homélie de la Nativité de Saint Jean Baptiste

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30

Dans la signification de son nom, le Seigneur fait grâce, est inscrite la mission de Jean, le Précurseur : rendre témoignage à la lumière, selon le prologue du 4ème Evangile (Jn.1, 7). Sa naissance amorce déjà ce que Paul appellera l’économie de la grâce (cf.Ro.6, 14), Elisabeth étant stérile et, comme son mari, avancée en âge (cf.Lc.1, 7). Mais ne durcissons pas cette opposition de la loi et da la grâce : l’élection d’Israël relève de la pure grâce de Dieu ; l’Alliance avec Abraham, de même ; la délivrance de l’Egypte, encore ; et ainsi, toute l’histoire du peuple élu, jusqu’au Christ, témoigne de l’amour de Dieu et de la fidélité à ses promesses : comme il l’avait promis, proclame Paul dans la synagogue d’Antioche, Dieu a fait sortir de la descendance de David un Sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean Baptiste a préparé la venue en proclamant avant lui un baptême de conversion (Ac.13, 22-26). La prophétie d’Isaïe, est aussi l’écho de ce mystère : J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé… (Is.49, 1-6).

On peut dire que la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus est toute contenue là. Par exemple, la lettre de Paul aux Romains insistait sur ce point essentiel de notre foi chrétienne : Si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ (Ro.5, 12-15). Mais une fois que l’on a dit cela, et qu’on l’a même exprimé magistralement, il faut en tirer les conséquences, sous peine de rendre sans effet le don que le Christ nous fait de sa vie. Ici, on peut évoquer le dialogue de Jésus avec Nicodème : ce dernier, devant les signes opérés par la Maître, s’interroge sur son identité ; mais il reste extérieur à ce qu’il voit, comme un spectateur qui s’arrête au merveilleux des phénomènes, au pouvoir magique du rabbi, sans imaginer que les guérisons, les délivrances, le changement de l’eau en vin, dont il a été informé ou peut-être témoin direct, inaugurent le Royaume de Dieu promis dans lequel on ne peut entrer qu’en renaissant d’eau et d’Esprit (cf.Jn.3, 1-21).

L’ère de la grâce appelle notre consentement à nous laisser recréer dans le Christ et notre décision de nous laisser conduire par l’Esprit. En d’autres termes, la grâce, pour porter du fruit, a besoin de notre collaboration : ce que je suis, écrit Saint Paul aux Corinthiens, je le dois à la grâce de Dieu, et sa grâce à mon égard n’a pas été vaine. Au contraire, j’ai travaillé plus qu’eux tous : non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est en moi (1 Co.15, 10). Accueillir la grâce, c’est donc entrer dans les vues de Dieu sur le monde, inscrire toute notre vie dans le mystère de l’Alliance, comme le lieu et le temps de l’accomplissement du salut, adopter le chemin que le Christ a suivi pour réaliser le dessein de son Père. C’est aussi un travail, une genèse : dans le Christ, la création tout entière gémit maintenant dans les douleurs de l’enfantement…Nous aussi, qui possédons les prémices de l’Esprit,  nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance pour notre corps (Ro.8, 22-23).

Ce ne sont pas là des généralités : adopter le dessein de Dieu sur le monde et tout voir en fonction de son désir, faire de notre existence présente le champ de sa moisson, emprunter les mêmes voies, les mêmes moyens que le Christ, c’est concret et même compromettant… Car le seul projet que nous devons poursuivre, c’est l’œuvre du Père et tout ce qui peut contribuer à la réaliser ; la seule échelle de valeurs, c’est celle que Jésus nous propose dans les Béatitudes ; les seules ‘armes’, les seuls instruments, ce sont la miséricorde et la justice, le service et la bénédiction. Demeurer dans cet état de grâce, au sens propre et fort du terme, ne va pas de soi et requiert de notre part comme un choix, une décisions de tous les jours. Nous appuyer sur la grâce prévenante de Dieu dans le quotidien, nous abandonner à elle devant des questions délicates, tout attendre d’elle en cas d’impuissance, sont des attitudes justes, si elles découlent de notre établissement intime et total en elle, la grâce première, qui découle de la Pâque du Christ, notre vie, notre justification (cf.Ro.5, 2). J B, vit en espérance de cette foi. Sa vocation le rattache autant à la 1ère  qu’à la 2ème  Alliance. Aujourd’hui, nous pouvons chanter avec lui : Tout vient de Toi, ô Père très bon, nous t’offrons les merveilles de ton amour.  

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