La parabole …

Homélie du 11eme dimanche du temps ordinaire

 Mt.XIII,1-23

La parabole, si connue, du semeur nous donne l’occasion de réfléchir sur ce qu’est précisément le genre littéraire de la parabole, si souvent utilisé par Jésus le Nazaréen.

En face d’un interlocuteur, qui peut être une personne ou un groupe, trois attitudes profondes, ou si l’on veut, trois registres, sont possibles par delà toute la gamme des comportements d’un locuteur :

– une attitude de pression;

– une attitude de distance;

– une attitude de contact.

L’atttitude de contact : elle ne se place en face d’une personne ni en retrait, ni en pression, mais dans un équilibre délicat et sans cesse à rétablir.

Dans ce genre de relation, la personne vit, existentiellement, une confiance dans l’aptitude de celle-ci à trouver par elle-même ses propres directions, à découvrir par elle-même, et pourtant accompagnée, les solutions de ses problèmes.

La parabole est vraiment une bonne nouvelle : par elle, la communication avec le Christ est un contact qui réfléchit chacun vers le centre de lui-même.C’est le paradoxe d’un lien qui n’est pas véritablement un lien dans le sens de l’entravement, mais un appel : un ? fardeau léger ? qui soulève et n’appesantit pas sous sa contrainte.

Jésus, par la parabole, se présente en refusant d’exercer une domination.Il ne structure aucune relation de dépendance.Le jeune homme riche, par exemple, n’est pas capté, tout en étant séduit : il lui est possible de ne  pas tout

abandonner et aucun reproche direct ne lui est adressé.Le Christ ne fonctionne pas comme un recruteur, par fascination; il ne subjugue pas, ne conditionne pas et encore moins pratique le chantage ou la menace …Non. Il informe, il éclaire, il n’enjoint pas.Et c’est parce qu’Il ne fait aucune pression que sa Parole peut retentir en chacun de nous comme un écho de liberté.L’Evangile, par la parabole, nous rend le contact direct d’une Personne qui s’est présentée, sans pression, sans hauteur, dans des attitudes d’accueil et de respect plus que par des théories ou des connaissances contraignantes. La Parabole est invitation, comme dans celle des invités à la noce.

Deuxième réflexion, liée plus directement à la parabole du semeur : si nous sommes dans le rôle du semeur, comme responsable de semer la Parole de Dieu, que signifient les images du ? sol pierreux ? et des ? ronces ? ? La parabole expliquée nous répond clairement en disant que le sol pierreux est celui qui n’a pas de profondeur de terre et que les ronces représentent les ? soucis du monde ? et la ? richesse ?, ce qui laisse ouverte la question contenue dans la première :pourquoi semer sur un sol pierreux ou dans les ronces ? Ce qui revient à nous poser la question de savoir si, avant de semer, il n’est pas aussi de notre responsabilité de préparer le terrain sur lequel nous allons faire les semailles : épierrer et arracher les ronces.

Autrement dit, si nous voyons aussi dans le symbole du grain celui de la grâce, il faut nous rappeler que la grâce divine ne saurait suppléer à la responsabilité, qui nous revient à chacune et chacun, de ? traiter ? la nature humaine qui est la nôtre, de façon à ce qu’elle soit saine et bonne, prête à accueillir le bon grain pour qu’il s’enfonce, mûrisse et devienne fertile.Sinon, il n’y aura pas de ? résultat ?, comme dit le texte du Livre d’Isaïe.

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