Fête du Corps et du sang du Christ

Homélie du dimanche du Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30

« Si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi votre foi …. vide et vaine ! », s’écriait Paul de Tarse aux chrétiens de Corinthe.

En effet, le mystère de notre liberté et de notre salut ne s’arrête pas au sacrifice et à la mort du Christ en croix. La mort du Christ sans la résurrection ,mais c’est l’échec, l’échec terrible et définitif et nous ne sommes tous alors que des imposteurs. Pire : tout devient absurde et ce ne serait plus à l’entrée des enfers, comme chez Dante, mais aux portes de la Terre qu’il faudrait inscrire l’avertissement fatal ! ? En pénétrant ici, abandonnez toute espérance ! ?

Mais la mort suivie de la Résurrection, c’est un sacrifice volontaire couronné par une victoire. C’est la victoire lumineuse du matin de Pâques ! Or l’Eucharistie, célébrée particulièrement aujourd’hui, est le mémorial de la mort du Seigneur, oui, c’est vrai, mais comme elle contient tout le mystère de notre libération et du Christ Total, elle est en même temps le sacrement de la Résurrection, de la Résurrection du Christ et de notre résurrection.

Le Christ présent à l’ Eucharistie est le Christ ressuscité et nous partageons l’ Eucharistie comme un gage de notre propre résurrection. Le Christ-Présent à l’ Eucharistie est le Christ ressuscité, car nous ne pouvons séparer la mort du Christ de sa Résurrection, sous peine d’absurde: les deux mystères, mort ET Résurrection, ne font qu’Un, qui est le mystère fondamental du Christ et des chrétiens : le mystère de Pâques ! Pâques, ce mot qui signifie ? passage ? et qui, comme tout passage, suppose deux choses : un départ et une arrivée. Dans la Pâque du Christ, le départ c’est la mort sur la croix, qui lui fait s’arracher si cruellement au monde; l’arrivée, c’est la Résurrection, complétée par l’Ascension, qui lui assure le retour plein de gloire auprès du Père. La présence du Christ ressuscité est signifiée liturgiquement par la très belle prière du mémorial qui suit la consécration : « Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils … » et par un geste rituel

qu’accomplit le prêtre entre le baiser de paix et le chant de l’ Agneau de Dieu : il rompt une petite partie de l’hostie déjà fractionnée avant la consécration et laisse tomber ce fragment dans le sang du calice. Cette réunion symbolique du Corps et du Sang du Christ signifie que le Christ, présent et immolé sur l’autel, est en même temps le Christ ressuscité et vivant, puisque la consécration séparée du Pain et du Vin avait signifié la mort.

« Celui qui mange mon corps et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour . »(Jean VI,54) Il n’est pas de façon plus claire pour nous indiquer que l’ Eucharistie est aussi le sacrement de notre Pâques, le sacrement de notre résurrection. Comme nous mangeons le Verbe fait Corps, c’est bien d’une nutrition qu’il s’agit et ce n’est pas un corps physique mort qui pourrait devenir pour nous source d’une vie d’éternité. Dans une nutrition il y a un phénomène d’assimilation. Lorsque je mange du boeuf, ce morceau de boeuf devient substance de mon corps humain, suivant la loi selon laquelle c’est toujours l’inférieur qui est assimilé au supérieur; mais alors que les aliments ordinaires sont assimilés à celui qui mange, ici, dans la manducation eucharistique, c’est au contraire celui qui mange qui est assimilé à celui qui est mangé. Ce qui faisait écrire à saint Augustin : « Je suis la nourriture des grands; mange-moi, et ce n’est pas moi qui serai changé en toi, c’est toi qui sera changé en moi. »

Autrement dit, mangeant le Christ ressuscité, nous devons devenir nous mêmes des ressuscités, à son image et sous son influence directe. « Celui qui mange vivra par moi » De quelle vie s’agit-il ? Mais pas seulement de la vie charnelle, temporelle, aux limites historiques, mais de la vie divine, dans la grâce d’une création nouvelle où nous serons appelés , ressuscités, à participer à la Liberté souveraine, à l’ Intelligence illimitée et à la Puissance d’Amour de Dieu Lui-même. Les enfants mangent pour grandir, se développer; les adultes, eux, pour refaire leurs forces. Mais, spirituellement, nous sommes et demeurerons terrestrement des enfants. Notre problème, spirituellement, est celui de la croissance. Tous les autres sacrements que l’ Eucharistie ne sont donnés qu’une fois, ou bien dans des circonstances déterminées : quand on a péché gravement, quand on est malade jusqu’à quia, quand on fonde un foyer, quand on reçoit une mission ministérielle etc …. L’Eucharistie, elle, est le Pain quotidien, celui dont il est nécessaire de se nourrir indéfiniment. Sacrement du progrès indéfini.

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