Deux femmes rendues à la vie

 Homélie 13 ème dimanche du temps ordinaire

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30

Marc V, 21-43

Deux histoires différentes sont racontées, imbriquées l’une dans l’autre. On commence et finit par celle de Jaïre qui enveloppe une sorte de noyau central, l’épisode de la femme malade d’hémorragies. Les deux miracles ne sont d’ailleurs pas sans rapports. Chaque fois, c’est une femme qui en est bénéficiaire. La fillette a douze ans, l’âge minimum pour se marier selon le droit israélite, tandis que l’autre est malade depuis le même temps. Toutes deux sont impures, la plus âgée souillée par ses écoulements de sang pathologiques, la plus jeune qui est déjà un cadavre au moment où Jésus l’approche. Et, dans les deux cas, la foi du demandeur jour un rôle capital.

« Ta foi t’a sauvée », dit Jésus à la femme qui touchant son vêtement par derrière, a presque volé sa guérison. De même, il dit à Jaïre, le père de la jeune défunte : « N’aie pas peur, crois seulement ! » Jésus fait des prodiges dont, d’une certaine manière, le contrôle lui échappe. En revanche, la disposition intérieure des demandeurs est primordiale : c’est pare la confiance en Lui qu’ils peuvent s’approprier la force dont il rayonne. La guérison centrale montre Jésus faisant un miracle presque malgré lui; l’essentiel de sa mission n’est pas dans la santé rendue aux corps, mais dans la vie à laquelle peut s’ouvrir la personne tout entière. « Ta foi t’a sauvée ! »; sauvée et non simplement guérie. La guérison a été en quelque sorte subtilisée à jésus mais Il recherche de façon active celle qui a manifesté une si grande foi, pour lui dire que son bonheur est plus grand que la santé recouvrée.

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Conte de l’ermite breton

La fontaine de Paolina

            Lorsque le grand portique de la Villa Paolina , à Rome, se fut ouvert  à frère Grégoire , il commença par faire le tour des jardins et d’abord du grand  carré des fleurs à couper. Dans le soir qui devenait émollient grâce aux tendres éclats d’ambre et d’émeraudes célestes, il respira lentement l’odeur âcre et victorieuse des grands bosquets de lauriers qui le dominaient. L’égouttement argentin des petits jets d’eau s’alliait harmonieusement à la sombre couleur des branchages soigneusement taillés, qui appelaient des clameurs de gloire.

            Son invitation à Rome, dans cette ambassade, ne le grisait pas autant que les fragrances, et parfois même que ce désir de jouissances sublimées que l’oraison chassait un temps pour le laisser rejaillir à l’improviste, au détour d’une senteur, d’un marbre sculpté en l’honneur d’un héros ou d’une divinité. Six ou sept rejets d’eau claire projetaient leurs partitions au-delà des buis ciselés à la française, sur des rosiers ou des massifs d’azalées, lorsque l’oreille de l’ermite fut attirée par un bruissement d’eau différent, vers l’ouest, là où les cieux allaient bientôt s’empourprer.

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Saint Jean Baptiste

Homélie de la Nativité de Saint Jean Baptiste

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30

Dans la signification de son nom, le Seigneur fait grâce, est inscrite la mission de Jean, le Précurseur : rendre témoignage à la lumière, selon le prologue du 4ème Evangile (Jn.1, 7). Sa naissance amorce déjà ce que Paul appellera l’économie de la grâce (cf.Ro.6, 14), Elisabeth étant stérile et, comme son mari, avancée en âge (cf.Lc.1, 7). Mais ne durcissons pas cette opposition de la loi et da la grâce : l’élection d’Israël relève de la pure grâce de Dieu ; l’Alliance avec Abraham, de même ; la délivrance de l’Egypte, encore ; et ainsi, toute l’histoire du peuple élu, jusqu’au Christ, témoigne de l’amour de Dieu et de la fidélité à ses promesses : comme il l’avait promis, proclame Paul dans la synagogue d’Antioche, Dieu a fait sortir de la descendance de David un Sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean Baptiste a préparé la venue en proclamant avant lui un baptême de conversion (Ac.13, 22-26). La prophétie d’Isaïe, est aussi l’écho de ce mystère : J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé… (Is.49, 1-6).

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Conte de l’ermite breton

L’écureuil et le surf

               – Tais-toi, Panachou , tu commences à m’agacer !

             Le petit écureuil, sur les injonctions courroucées de sa mère, contint les explosions de sa douleur et ses larmes se mêlèrent à son sang.

             Depuis qu’il avait atteint l’âge de l’adolescence, Panachou s’était de plus en plus enhardi dans ses courses vagabondes, au-delà non seulement des autorisations parentales, pétries d’inquiétude, d’expérience, de sagesse et de pusillanimité, mais par-delà les plantations de pins, qui fermaient son vaste enclos naturel, jusqu’aux dunes de sable qui couchent leurs herbes sous les assauts des vents océaniques et parfois même des vagues.

          La première fois qu’il avait découverts ces êtres étranges, mi terrestres et mi – marins, Panachou était revenu bouleversé jusqu’au nid paternel et s’était enquis, durant tout le souper de noisettes au miel, de la grande faune des océans :

              – Ecoute, je sais qu’il existe des baleines mais je n’en ai jamais vu … Elles sont énormes comme des tonneaux qu’on aurait peint de goudron et font jaillir un jet d’eau de leur dos … elles ne croisent pas sur nos côtes. Il y a aussi parfois des bans de marsouins, sauteurs et rieurs. Un jour, pendant l’occupation allemande, j’ai pu en approcher un de très près parce que, blessé au large par une mine, il s’était échoué pour mourir sur la plage … Des hommes s’étaient aussitôt emparé avidement de sa dépouille pour en découper la chair rose. C’est ainsi que j’ai appris que les hommes mangent n’importe quoi. Heureusement, les chasseurs aux yeux rouges qui déchargent sur nous leurs chevrotines ne ramassent jamais nos pauvres corps ensanglantés, puisqu’ils ne mangent pas encore les écureuils. Une chance pour nous, parce qu’ils tirent si mal, et que nous voletons, nous, si habilement entre les branches, que les meurtres sont rares.

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« Cannabis: l’écran de fumée » par Simon Buisson

 » L’objectif de la dépénalisation est double. Il est de faire baisser le trafic et la violence, et d’avoir une politique de santé publique. » Interrogée en début de semaine sur la consommation de cannabis, les propos de la ministre du logement Cécile Duflot en faveurs de la dépénalisation ne cessent de susciter la controverse et embarrassent le PS en cette période d’alternance. Alors que François Hollande s’est toujours déclaré contre la dépénalisation, le trouble qui saisi la gauche sur cette question permet à nouveau à la droite d’agiter le spectre de la légalisation. « Un désastre moral » a même estimé, Henri Guaino, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy. Le Premier Ministre, Jean Marc Ayrault a donc dû rassurer des français qui demeurent majoritairement contre une telle libéralisation, affirmant que « la fermeté restait d’actualité. » Après avoir répété que le gouvernement n’avait rien dit sur le sujet, il en a profité pour recadrer sa ministre. Cécile Duflot s’exprimait, non en tant que membre du gouvernement, mais comme chef du parti Europe-Ecologie-Les-Verts, qui a toujours défendu la dépénalisation du cannabis. Un poste qu’elle va quitter après les élections législatives. La principale intéressée quand à elle, a réagi sur Twitter, dénonçant une « polémique de lourdauds ».

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« Notre horizon européen » par Simon Buisson

De nos jours, il de bon ton de critiquer l’Europe. Mais quelle Europe ? Une Europe libérale, une Europe technocratique qui jugerait ses pays membres comme de vulgaires élèves… Bon point pour l’Allemagne, attention chère France, avertissement à la Grèce. Depuis le non du référendum de 2005, depuis le Traité de Lisbonne, les citoyens ne croient plus en l’Union entre ces pays d’un vieux continent à l’Histoire si complexe et divergente. Il suffit de voir le succès non négligeable lors des dernières présidentielles françaises de discours allant jusqu’à prôner une sortie de notre pays ou de dialoguer partout à France avec des jeunes et des moins jeunes pour s’en rendre compte. Tous veulent se défaire de Bruxelles, entendu comme une tutelle à notre souveraineté.

Pourtant aux côtés de critiques idéologiques, protectionnistes ou réformatrices, beaucoup oublient que l’Europe s’ancre dans notre quotidien. Pour des milliers de jeunes, l’abolition des frontières, le paiement en euro, les échanges universitaires à travers le programme Erasmus sont une réalité concrète. Oui, l’UE n’est pas qu’un mastodonte abscons. La construire est notre seul horizon dans un monde de plus en plus connecté où de nouvelles puissances bien plus vastes s’imposent progressivement. Notre grille de lecture autocentrée apparait dépassée. Si un encrage local demeure, une véritable réflexion sur le long terme doit s’imposer. Notre pays, notre région, notre département sont une part de notre identité culturelle, mais face aux enjeux du XXIe siècle, l’impératif européen peut et doit conduire le Politique. Le vivre ensemble, la démocratie continuera à s’épanouir grâce à l’Europe. Il ne reste guère de temps avant que cette utopie deviennent concrète. Il est donc impératif de se saisir de son destin. Nous sommes tous des citoyens européens. Il est anormal que les peuples s’écartent de ce projet et laissent se développer le risque de ce que Jurgen Habermas, dans son dernier ouvrage La constitution de l’Europe, appelle « la voie post-démocratique ».*

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Rumeurs et théorie de complot : un monde parano ?

Web-rediffusion du samedi 15 juin 2012 avec :
le Grand rabbin Haïm Korsia,
le père Alain de la Morandais,
l’intellectuel musulman Malek Chebel.
Présenté par Mikaël Guedj

et leurs invités :

Laurent Bazin
, journaliste RTL et France 5, auteur de « Tous paranos? Pourquoi nous aimons tant les complots (éditions de l’Aube)

et Pascal Froissart, sociologue, auteur de « La Rumeur, histoire et fantasmes » (Belin)