Extrait : « A la rencontre de Jesus-Christ » dernier ouvrage du père de La Morandais

Avant-propos – Rencontre avec mon Christ imaginaire 

Dimanche 1er août 2010, Ermitage de la Porte-Étroite

Lorsque Alexis Lavis, mon éditeur, m’a demandé de rédiger un livre pour sa collection À la rencontre de… en m’informant que la personne qu’il avait choisie était Jésus, un pareil sujet m’a évidemment effrayé. J’ai donc d’abord trouvé refuge dans le refus. Pourquoi ? Ce Jésus n’était-il donc rien pour un prêtre portant la charge sacerdotale en Son nom depuis quarante-sept ans ? Pas rien, non, mais presque Tout. Seulement, il ne pouvait s’agir, pour moi, d’écrire sur le Jésus historique, puisque je n’ai aucune compétence d’exégète, ou d’historien du ier siècle. Et puis, tant de livres banals ou excellents ont été publiés sur ce sujet inaccessible… D’ailleurs, personne ne peut écrire une psychologie du Christ ! Il m’était toutefois possible de raconter une « rencontre » qui dure depuis près d’un demi-siècle, et qui n’est peut-être pas finie.

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« Justice ! Pour l’honneur d’un prêtre » de François Lefort

Depuis le premier jour, François Lefort a farouchement nié avoir commis les crimes qui lui sont reprochés. Il a pourtant été condamné, et a purgé sa peine. Sorti de prison, il a maintenant le droit de s’exprimer. « Il est impossible de prouver son innocence », s’insurge-t-il. Mais quand, apportant de nouveaux éléments incontestables, il prouve qu’il n’a matériellement pas pu commettre certains de ces actes, quand il prouve que certains de ses accusateurs ont menti, on peut légitimement se demander si ce n’est pas un innocent que l’on a condamné.

Parce que la vérité n’est pas toujours là où l’on croit qu’elle est. Parce qu’Outreau n’a peut-être pas été un cas isolé…

Un ouvrage digne et convaincant. Pour demander Justice !

Pentecôte : la colombe de l’ Esprit Saint

Homélie du dimanche de la Pentecôte

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30

Des trois personnes divines de la Trinité, l’Esprit est sans doute la plus mystérieuse : personne n’a jamais revendiqué le privilège d’en avoir eu l’apparition, et sa représentation symbolique dans les récites bibliques, depuis la Genèse jusqu’aux Evangiles, par l’image de la colombe, n’est pas de celle qui facilite nécessairement la compréhension, tant elle est paradoxale.

Tout au long de la symbolique judéo-chrétienne, la colombe qui, avec les récits du Baptême du Christ, finit par représenter l’ Esprit Saint, est fondamentalement un symbole de pureté, de simplicité et surtout, lorsqu’elle apporte le rameau d’olivier à l’arche de Noé, un symbole de paix, d’harmonie et d’espérance.
Comme la plupart des représentations d’animaux ailés dans la même aire culturelle, on a pu dire qu’elle signifiait la sublimation de l’ Eros : l’amant du Cantique des cantiques appelle d’ailleurs sa bien aimée « ma colombe ».
Sue certains vases funéraires grecs, elle est tracée « buvant à un vase qui symbolise la source de la mémoire », et cette image est reconduite dans l’ iconographie chrétienne qui, par exemple, dans le récit du martyre de Polycarpe, figure une colombe sortant du corps du saint après sa mort. La colombe a été peinte sur les murs des catacombes, gravée sur des marbres funéraires. Elle entre en concurrence avec le poisson et l’ agneau, symbole des Christ; avec l’ancre, symbole du salut; avec la palme de la gloire céleste. Elle signifie l’ âme sainte, purifiée, prêtre à gagner sa demeure d’ éternité.

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Conte de l’ermite breton

 L’ermite et Neptune

       Elle était ronde et pleine et belle, brillante comme un bouclier.

       Passé le mitan de la nuit, ses rayons traversant la terrasse sud vinrent frapper frère Grégoire  dormant sur la terrasse qui s’étira de son néant nocturne, et comme attiré par des sortilèges se dressa séant, et sous la séduction de l’astre la vit se mirer doucement et brasillant dans l’océan.

         La lune se prit à chanter et les ondes du miroir immense se troublèrent par ondes concentriques de plus en plus tumultueuses, bordées d’écume blanche comme l’hermine,  jusqu’à ce que de l’épicentre de cette éruption des gouffres sombres surgisse une forme monumentale qui lentement s’éleva au-dessus des eaux, telle le colosse de Rhodes. Ce qui pour l’instant lui parut une statue colossale resplendissait sous l’éclat lunaire et dévoilait non pas un Apollon mais Neptune lui-même, reconnaissable à son trident : sa chevelure si longue qu’elle touchait ses genoux était faite de goémons huileux et lumineux, sa barbe, toute filante des fumets argentés de la mer, était de varech, son torse pris dans une cuirasse aux écailles de tortue et sa tunique tressée de gorgones rouges. Des cris de goélands effarouchés dans la nuit strièrent la clarté des cieux.

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