Homélie du jeudi Saint

« Qu’ils sont beaux les pieds des messagers de bonnes nouvelles ! » (Rom.X,15)

St Paul dans sa Lettre, cite Isaïe : « Qu’ils sont beaux sur les montagnes les pieds du porteur de bonnes nouvelles, qui annonce la paix, qui apporte la joie et annonce le salut ! »(Is.52,7)

Le mot et l’image du « pied » reviennent très souvent dans les textes bibliques, à tel point qu’il serait fastidieux d’en faire la recension complète. Relevons simplement, au sens propre, qu’on liait les pieds et les mains de ceux que l’on voulait réduire à l’impuissance, que le vainqueur mettait le pied sur le cou du vaincu, que les êtes dits « inférieurs » servaient d’escabeaux aux pieds du supérieur, qu’on embrassait les pieds de quelqu’un en signe de supplication ou de vénération, qu’on faisait des onctions sur les pieds du Grand Prêtre pour les consacrer, qu’il fallait avoir les pieds chaussés pour manger la Pâque mais les pieds nus dans un endroit consacré par la présence de Dieu. Les prêtres servaient pieds nus dans le Temple.

Au sens figuré, être assis aux pieds de quelqu’un, c’est être placé sous sa dépendance ou sa protection; Job dit qu’il a le pied boiteux, pour indiquer qu’il a exercé la charité envers les malheureux, quelle que fut leur infirmité; les pieds au large ou sur le roc signifient la prospérité et la stabilité. Dans certains textes, « les pieds » sont le mot employé pudiquement pour nommer les organes sexuels … »De la plante des pieds au sommet de la tête » désigne le corps tout entier : autrement dit, c’est prendre la partie pour le tout, comme dans le rite du lavement des pieds.

 Si l’on marche habituellement nus pieds ou avec de simples sandales sur un sol desséché et naturellement poudreux, il devient nécessaire de se laver souvent les pieds. C’était le cas en Palestine et dans tous les pays environnants. Aussi le premier devoir de l’hospitalité était de procurer à son hôte le moyen de se laver les pieds, pour les débarrasser de la poussière, les rafraichir et les délasser. L’effet produit sur cette partie du corps, à la fois si résistante et sensiblement vulnérable, retentissait sur le corps tout entier avec une sensation de bien-être et de plaisir. Depuis l’accueil au chêne de Mambré par Abraham jusqu’à l’histoire de Tobie, cet usage est constant dans la Bible.

Avant d’entrer dans le Tabernacle, Moïse, Aaron et ses fils devaient se laver les mains et les pieds et cette loi fut suivie par tous les prêtres, pour marquer qu’ils devenaient les hôtes du Seigneur.

Invité par le pharisien Simon, Jésus lui adressera ce reproche : « Je suis entré dans ta maison et tu ne m’as pas donné d’eau pour me laver les pieds » C’était l’office des serviteurs de laver les pieds de leurs maîtres … et Madeleine remplit cette humble fonction, en baignant les pieds du Seigneur de ses larmes et en les essuyant avec ses cheveux. Avant d’instituer l’ Eucharistie, Jésus veut bien exercer lui-même l’office du serviteur en lavant les pieds des Douze, en précisant à Pierre que celui qui a pris un bain n’a plus besoin que de se laver les pieds, s’il vient du dehors. Le Messie éclaire lui-même pédagogiquement son geste en disant que c’est une leçon d’ humilité – probablement pour répondre à la compétition de préséance qui a eu lieu avant le repas; une leçon de charité et de purification. Trois dispositions requises pour participer au repas eucharistique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s