Transfiguration

 Homélie 2 ème dimanche de carême

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30


Marc IX, 2-10

 Le texte sur la Transfiguration fait partie de ceux qui inspirent souvent celles ou ceux qui s’ adonnent à la méditation-contemplation. S’il n’y en avait qu’un seul texte que l’on puise prendre en exemple pour expliquer ce qu’est la Révélation ; ce serait celui-là, en soulignant bien que, certes, la Révélation, a été livrée une fois pour toutes, ce qui n’empêche pas que son caractère révélé et inspiré fonctionne de telle sorte que nous n’avons jamais fini d’en épuise le sens …

Ainsi, ce matin, notre méditation pourrait s’arrêter sur le mot « blancheur » et nous découvrons alors que ce terme désignant une coloration s’applique uniquement, chez saint Luc, aux vêtements – quelle était donc la couleur de son corps ? Luc semble embarrassé puisqu’il écrit du visage « l’aspect de son visage devint tout autre » ! – et pourquoi aux seuls vêtements, sans que l’on sache si, avant l’évènement extraordinaire, c’était leur couleur originelle ou non ?

Chez Matthieu il est écrit que « son visage resplendit comme le soleil, ses vêtements comme la lumière » et chez Marc que « ses vêtements devinrent resplendissants, très blancs tels qu’un foulon sur la terre ne peut blanchir ». Ce blanc dominant nous rappelle que dans le monde de la Bible, le blanc s’oppose au noir qui évoque les ténèbres. IL peut signifier la pureté, l’innocence, mais s’accorde aussi aux fêtes de joie et de triomphe ; c’est la couleur des êtres glorieux, célestes ou transfigurés. Ainsi Jean écrit dans l’ Apocalypse : « A Sardes, quelques uns des tiens n’ont pas souillé leurs vêtements ; aussi me feront-ils une blanche escorte, car ils en sont dignes. Le vainqueur sera donc revêtu de blanc ; et son nom je ne l’effacerai pas du Livre de Vie … »

Il faut toujours se poser quelques questions, dans ce genre d’exercice spirituel, non pas pour le plaisir intellectuel de la quête, mais parce que, dans le désir de trouver une réponse, nous pourrons recomposer visuellement la scène de l’intérieur, afin qu’elle nous hisse vers la contemplation … j’allais dire au-delà des lignes des corps, des dessins, des couleurs … vers la blancheur magnifique, signe du Divin, qui peut être réfléchie de l’intérieur du Corps Christique trans-luminé.

Et nous pouvons supposer alors que si Marc – un témoin de seconde main puisqu’il n’était ni avec Jean, Jacques ou Pierre ! – ne parle que des vêtements, c’est que leur irradiation incandescente était telle que les trois disciples ne pouvaient peut-être ne plus voir ni son visage, ni ses mains ou ses pieds.

Théophanie suprême et Baptême de Feu, si c’est bien cela qui est signifié, il faut le rapprocher du « nul ne peut voir Dieu sans mourir » de la tradition juive : autrement dit, fixer son regard sur le Mystère souverain de l’ Essence même en ignition du Tout Puissant est impossible à tout être humain. Les vêtements à la blancheur irréalisable et surprenante filtrent heureusement la splendeur mortifère du Corps de Dieu.

 

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