Semaine de prière pour l’unité des chrétiens : L’unité est un miracle.

Homélie 3 ème dimanche du temps ordinaire

Crypte de l’Eglise Notre-Dame d’Auteuil dimanche à 21h30

Déjà les communautés chrétiennes des premiers temps avaient connu des problèmes de division. Ne nous en étonnons pas : l’ordinaire, c’est la division et l’extraordinaire, c’est l’unité. Comme l’a dit le cardinal Lustiger, en son temps :  » Ce n’est las pas division qui est un accident contre l’amour, c’est l’unité qui est un miracle de l’amour contre les divisions. » Il fut une période où la réalisation de l’unité oeucuménique consistait à vouloir « absorber » l’autre. Epoque révolue ! C’était le temps où le catholique disait :  » Qu’ils reviennent donc à notre Eglise qu’ils ont quittée ! » Ce à quoi le « séparé » – protestant par exemple – répliquait :  » Mais que les catholiques se convertissent enfin à la Réforme ! », tandis que, de son côté, l’orthodoxe pensait : « Nous, nous sommes l’Eglise des origines : ce sont les autres qui se sont séparés ! »

Ce stade est dépassé, ce qui ne signifie pas que la tentation de réagir de la sorte n’existe pas. Puis une nouvelle manière de concevoir l’unité a vu le jour : elle partait de l’idée que chaque Eglise, se voulant fidèles à Jésus Christ, possède sa part d’authenticité. Et d’en conclure : acceptons nous mutuellement tels que nous sommes. Commençons à établir entre nous des liens de fraternité, à prier ensemble, à travailler au service de la justice et de la solidarité, à établir entre nous la communion eucharistique. Ainsi nous serons ensemble l’Eglise de Jésus Christ, avec ses infirmités, ses différences et aussi ses richesses.

Cette attitude paraissait sensiblement plus positive que la première mais un peu frileuse : « on se trouve bien comme ça ! »

Aujourd’hui, il semblerait que l’oeucuménisme s’oriente lentement vers une troisième attitude où chaque Eglise pourrait écouter les questions que lui posent les autres au nom de la fidélité au Christ. Ecouter l’interpellation de l’autre n’est pas sacrifier sa propre conviction, qui représente justement la question que l’on pose à l’autre. Originellement, l’unité ne nous a pas été donnée comme une sorte de capital initial, comme une sorte d’héritage qui en serait venu à être dilapidé ou qui se serait effrité par des dévaluations successives. L’unité n’est pas une beau vase de porcelaine fragile ou de cristal rare qui, d’accident en accident, se serait brisé. Originellement, chacune et chacun d’entre nous est marqué par la division, la cassure intérieure, qui fut longtemps appelée « péché ».

Notre propre unité de personne humaine, qui passe par l’incessante réconciliation des forces qui s’opposent en nous, de nos contradictions, est un lent et progressif apprentissage de construction, d’édification. De même l’Eglise qui est le temple de Dieu fait de pierres vivantes.

Que d’efforts, de sueurs et de grimaces, de blessures, et surtout que de temps pour tenter de nous unifier nous mêmes ! Et nous nous impatientons devant la lenteur des Eglises à se réconcilier ? Il est à craindre plutôt que nous soyons au bout du compte davantage tentés par l’indifférence que par l’impatience … Peut-être qu’au fond de nous mêmes ces divisions des Eglises ne nous touchent guère ? « Laissons cela aux spécialistes  et prenons en notre parti ! » C’est une tentation. Mais cela reviendrait à désespérer de lutter, nous mêmes, contre nos propres faiblesses, contre tout ce qui nous divise. Autant dire que c’est alors compter pour rien la grâce du Baptême, le signe de l’Eucharistie et de la réconciliation; Autant dire que ce n’est plus croire en la conversion de l’homme, ni dans l’appel de l’Esprit à sans cesse tendre vers l’unité et que c’est tenir l’Amour pour peu de chose !

Spirituellement, l’unité d’une Paroisse se fait par le consentement du fond du coeur à une décisions prise pour l’intérêt général, c’est à dire l’avenir, passant sans doute par le sacrifice d’autres désirs ou d’autres intérêts. Le garant de cette unité, qui engage l’avenir, est le pasteur nommé par l’Evêque, et non pas les témoins nostalgiques du passé, si remarquable qu’ait pu être leur dévouement ancien. L’unité d’une communauté d’Eglise passe toujours, dans les petites choses comme dans les grandes, par la Croix. La  communion dans l’amour fraternel passe toujours, à un moment donné ou à un autre, par cela qui s’appelle « la Croix » : une certaine forme de sacrifice, de souffrance,; celle d’un enfantement, d’une nouvelle naissance.

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