Coup de coeur : Bernadette à la « une » de Paris-Match !

Bernadette Chirac, alors simple épouse du Maire de Paris, m’a reçu, inaugurant mes fonctions d’Aumônier du monde politique, en 1993, j’étais sorti de l’entretien, le coeur plein de compassion pour une femme montrant un personnage très « mater dolorosa ». Depuis elle m’a voué aux gémonies pour un prétendu « balladurisme » qui n’a évidemment aucune preuve, refusant de me saluer à l’occasion de cérémonies publiques où elle était « première Dame de France » … et les journalistes n’en finissent jamais de me taquiner sur ce faux sujet :  » – Lui avez vous pardonné ?  » Le pardon n’a  guère de place là où il n’y a point dol ou manque d’aménité.  La voici présentée en grand-mère douloureuse et me voici encore tout prêt à compatir … Mon ami, le grand rabbin Korsia, lui portera mon message avec sa fidélité. Amen.

Contes de l’ermite Breton

Michel, le papillon et les chérubins

            La petite fille se promenait dans un champ de lavandes,  baguenaudant, s’amusant à regarder tous les insectes volants en butine :  bourdons et papillons, abeilles et frelons, guêpes et libellules. Elle fredon- naît une chanson qu’elle inventait au fur et mesure mais, à la vue d’un empereur, d’un joli jaune paille et aux élégantes queues soutachées de noir, elle revit le visage de Michel, un célèbre acteur qui avait quitté la scène et les plateaux pour toujours pour un grand voyage sans fin, dans un de ses derniers films « Le papillon ». Elle leva les yeux vers l’azur :

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Chronique « présidentielles »

A-t-on envie de voter pour un candidat qui se dit « homme normal » ?

Le « normal » , c’est le vide, l’identification à une abstraction – « l’homme moyen supposé  » – qui risque de tuer l’idée même de politique, car si « n’importe qui » peut être Président ou même ministre, toute la force morale de la politique tend à s’évanouir. « Nous autres Français sommes convaincus qu’il existe une sorte de nécessité charismatique de l’homme politique – résidu du  » sacré  » antique qui nimbait l’homme politique ! – , si l’on veut que la politique ait de la force, de l’élan. Un candidat qui croit s’identifier à « tout-le-monde », s’il ne se trompe pas d’abord lui-même, trompe les autres, car il confond « se distinguer » avec le mépris. La distinction est, en effet, le contraire du mépris car c’st l’exigence du meilleur pour soi et pour les autres. La « distinction » pousse le candidat sur le terrain, dans un relationnel direct, non aseptisé par les conseillers en comm’ et les exigences de « sécurité ».  Il peut y avoir alors un vrai « spectacle », celui de cette alliance profonde du peuple et de ses dirigeants.

Coup de gueule

Les éditions Bayard, tout à fait dignes d’éloges, publient un « Prions en Eglise », qui permet aux pratiquants quotidiens de la Messe d’avoir tous les textes liturgiques du jour. Ainsi, aujourd’hui, 29 septembre, fête des saints Anges et Archanges – Michel , Gabriel et Raphaël – les textes bibliques sont accompagnés de commentaires signés. Celui de ce jour, signé Soeur Bénédicte de la Croix, nous dit , en parlant des anges comme des « agents de communication » (? enfin … pourquoi pas ?) : « Dans une société où nous devons rester connectés avec notre entourage, notre travail, la bourse ou encore l’actualité, les anges constituent un réseau chargé de garder le monde en contact permanent avec Dieu. Un Dieu branché dont les agents de communication sont invisibles … » Ma Soeur, pitié ! je ne sais si vous êtes cloîtrée ou dans un Ordre actif, mais, en toute hypothèse, dispensez nous, de grâce, de ces métaphores qui veulent « faire moderne » ou « chébran ». Un « Dieu branché » ! Moi-même, qui suis devenu un « pro » de la « comm’ en radio et télé, je n’aurais jamais commis un pareil dérapage …Ma Soeur, on ne vous demande pas d’être « branchée ». Surtout pas.

Les « Enfants d’Abraham » au Collège des Bernardins

Le 9 octobre 2011, de 10h à 19h, les « Enfants d’Abraham » seront au collège des Bernardins pour « Rencontres des écrivains croyant »

En partenariat avec l’association des Ecrivains croyants d’expression française et la Procure.

Un livre, un auteur, des lecteurs. Cette curieuse alchimie de mots et de papier est une source inépuisable de rencontre, de dialogue et d’enrichissement mutuel. Une découverte d’autant plus intime quand il s’agit de chercher, de nommer ou simplement reconnaître la source de l’écriture, l’objet de cette quête : Dieu.

Ecrivains croyants 9 octobre 2011-1

A propos de l’identité de l’Europe

Extrait d’un article publié dans la revue « Commentaires » (n° 11, automne 1980) par Leszek Kolakowski :

« Comme dans d’autres grandes religions, une inévitable tension persiste dans la foi chrétienne entre l’idée du monde fini qui manifeste le Créateur, et l’image du même monde en tant que négation de Dieu; entre la nature qui révèle la gloire et la bonté de Dieu et la même nature qui, par sa corruption et sa contingence, est la source du mal. L’idée chrétienne telle qu’elle s’était formée et articulée au cours des siècles a dû se battre sans cesse avec les tendances hérétiques qui affirmaient l’un des termes entre lesquels cette tension se jouait, de façon à oublier ou négliger l’autre. Presque toute l’histoire des hérésies peut être interprétée selon ce schéma et les problèmes majeurs de l’histoire des dogmes apparaissent en tant que variations du même thème : l’humanité du Christ contre sa divinité; la liberté de l’homme contre la grâce et la prédestination ; l’Eglise visible contre l’ Eglise invisible; la Loi contre la charité; la lettre contre l’esprit; le savoir contre la foi ; le salut par les oeuvres contre le salut par la foi ; l’Etat contre l’Eglise ; la terre contre le ciel ; Dieu créateur contre Dieu l’Absolu …La condamnation du monde et le refus ascétique de ses appâts d’un côté, et la divinisation du monde et l’oubli du mal de l’autre : entre ces deux pôles, la pensée chrétienne oscille sans cesse et, bien qu’il soit facile de trouver des citations bibliques pour supporter chaque extrême, le courant principal de la chrétienté occidentale s’est obstiné à chercher les formules qui refusent le choix fatal; Il apparait que l’Europe, en tâtonnant, a réussi à trouver, sous la forme chrétienne, une mesure dont elle a eu besoin pour déployer sa capacité scientifique et technique : garder la méfiance à l’égard du monde physique, non pas au point de le condamner en bloc comme intrinsèquement mauvais, mais au point d’y voir l’adversaire à dominer. »